Ambiance électrique ce jeudi 5 février sur France Inter. Interrogé par Benjamin Duhamel et Florence Paracuellos dans "Le grand entretien" de 8h20, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national a profité d'une question sur le retrait d'investiture d'un candidat RN aux municipales pour des propos racistes pour lancer les hostilités envers la station publique.
"Qu'est-ce qui se serait passé si 'Libération' n'avait pas exhumé ces tweets qui dataient de 2017 ?", a demandé Benjamin Duhamel. Le quotidien a en effet révélé les tweets dans lesquels Christian Richaud Simoni, le candidat du RN et de l’UDR à Carpentras (Vaucluse), invitait par exemple la députée LFI Danièle Obono à "retourner avec les bonobos de son pays". "Ce n'est pas à 'Libération' de décider qui doit être candidat ou pas l'être dans notre pays", a commencé l'homme politique, avant d'ajouter : "On ne peut pas tout savoir".
"Vous aviez dit : 'on est très vigilant, on regarde tout. Là, on est début février. S'il n'y avait pas eu d'article de 'Libération', il serait resté candidat", a alors continué Benjamin Duhamel. C'est à ce moment-là que l'élu du Nord, également vice-président de l'Assemblée nationale, a lâché : "D'abord, vous n'allez pas être l'arbitre des élégances. Je viens sur une antenne, dans une maison dans laquelle on appelle à tuer des élus du Rassemblement national avec un petit sourire en coin", a-t-il répliqué. "C'est faux !", a tout de suite rétorqué Florence Paracuellos. "Ne vous énervez pas Benjamin Duhamel, ce n'est pas la peine de vous énerver", a enclenché Sébastien Chenu, alors que Benjamin Duhamel tentait d'expliquer le contexte aux auditeurs. "Vous parlez d'une chronique humoristique qui a eu lieu sur cette antenne. Vous pouvez ne pas trouver ça drôle, mais vous savez très bien que c'était de l'humour. Je crois que la liberté d'expression est un combat que vous partagez", a poursuivi le journaliste.
La chronique en question était celle de Camille Lorente, humoriste présente dans l'émission "Zoom zoom zen" de Matthieu Noël. Le 30 janvier dernier, elle avait chanté la mort de Jordan Bardella et Marion Maréchal lors d'une délocalisation dans l'auditorium de la chapelle Corneille à Rouen. Face aux invités du jour : le chorégraphe Kamel Ouali et le chanteur Emmanuel Moire, pour le retour du "Roi Soleil" sur scène, elle leur a alors proposé d'écrire la suite de la comédie musicale. Après avoir évoqué le "destin" de Louis XV, "le seul de sa famille qui n’a pas crevé de la rougeole", celui de Louis XVI qui a eu "une chance exceptionnelle : son frère aîné aurait dû gouverner et paf tuberculose ! Le gars monte sur le trône. Pourquoi se casser le cul avec le suffrage universel quand la sélection naturelle marche aussi bien. Fuck le droit de vote, rétablissons la peste !", elle avait alors lancé : "Balançons des poux pleins de typhus au siège du RN et voyons ce qui reste !". Avant d'entonner sur l'air de la chanson "Mon essentiel" : "Jordan a une variole mortelle, elle va le tuer en trois jours. Jordan a une variole mortelle et Marion Maréchal a les mêmes symptômes. Si tu veux on l’achève", sous les rires du public.
"Ça s'appelle la liberté de brocarder", a affirmé Florence Paracuellos ce jeudi matin face à son invité qui a continué : "C'est pour ça que je considère qu'ensuite, quand on se dresse comme un donneur de leçons, moralisateur... Nous, on est un appareil politique dans lequel, quand il y a un problème, on désinvestit, on suspend, on fait passer en commission de discipline. C'est assez simple", a conclu Sébastien Chenu, qui a martelé : "Le RN n'attire pas plus de dingues que d'autres" partis politiques.

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