Un recrutement remis en cause. Le 2 juin dernier, France Inter annonçait l'arrivée de Benjamin Duhamel sur son antenne. Le journaliste vedette de BFMTV a été choisi pour succéder à Sonia Devillers, jusqu'ici chargé de l'interview politique du "7-10" de la station. Un exercice très exposé dans la première matinale de France pour lequel le jeune trentenaire manifestait son "enthousiasme", sans pour autant sacrifier ses responsabilités sur la chaîne d'information en continu. Il devait en effet conserver les manettes de "Tout le monde veut savoir" du lundi au jeudi et de "C'est pas tous les jours dimanche" le dernier jour de la semaine.
Mais ce cumul des postes a été dénoncé par la société des journalistes de Radio France, laquelle s'est targuée d'un communiqué sur les réseaux sociaux pour inciter Benjamin Duhamel à effectuer un choix entre les deux médias. "France Inter ou BFMTV, il faut choisir", soulignent les syndicats redoutant des conflits éditoriaux et une collusion sur le choix des invités. "Les compétences de ce confrère ne sont nullement en cause. Mais la rédaction a massivement exprimé au directeur de l'information son opposition à ce cumul inédit pour France Inter. Elle dénonce un mélange de fonctions, l'une dans un groupe de médias privé (RMC BFM) et l'autre sur notre radio de service public", est-il écrit sur ce manifeste.
La nomination de Benjamin Duhamel soulève en effet de nombreuses incohérences pour la SDJ, à commencer par le message renvoyé en interne sur les qualités de ceux qui auraient pu prétendre à occuper ce poste. "Comment s'assurer que ses choix éditoriaux et d'invités ne défavoriseront pas la radio en faveur de la télévision qui restera son employeur principal ? Comment dès lors la direction pourra-t-elle continuer à refuser à d'autres journalistes ou producteurs de Radio France de travailler en même temps pour des concurrents privés, alors qu'ils sont tous jusque-là tenus d'obtenir l'autorisation de la direction pour toute collaboration extérieure, même bénévole ?", s'interroge également la rédaction, qui n'a obtenu "aucune réponse convaincante" de leur hiérarchie. "Si Benjamin Duhamel veut assurer à la rentrée l'interview de 7h50 sur France Inter, il doit renoncer à travailler pour BFMTV", concluent les syndicats, pour qui une seule issue est possible.
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À l'aube d'échéances électorales importantes, Adèle Van Reeth, directrice de France Inter, avait vu dans la "culture politique très fine" de Benjamin Duhamel un atout pour la couverture des municipales en 2026 et de la présidentielle en 2027. "C’est un interviewer incisif, précis, qui a le sens de l’actualité. Je me réjouis qu’il mette désormais son talent au service de la radio publique, et de la première radio de France. Il va former une équipe de choc aux côtés de Nicolas Demorand, Léa Salamé et Sonia Devillers chaque matin !", avait-elle ajouté, ravie de son mercato. Elle était alors loin de se douter de la réaction de la société des journalistes du groupe.

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