Arrivée à la tête du "12:50" en août 2006 sur M6, Nathalie Renoux fête ce lundi 24 août sa 20e saison à l'information de M6, elle qui est désormais aux manettes du "12.45" en semaine depuis janvier 2023. Une longévité dont la journaliste de 55 ans n'osait rêver au départ. Pour Puremédias, elle revient sur les évolutions des JT de la Six, sa relation avec les téléspectateurs, son amitié avec Anne-Sophie Lapix mais aussi son magazine "Enquêtes criminelles", qu'elle anime désormais en duo avec Michel Mary sur W9.
Propos recueillis par Léa Stassinet
Puremédias : Vous rappelez-vous de votre tout premier journal sur M6, qui s'appelait à l'époque "Le 12:50", diffusé le 28 août 2006 ?
Nathalie Renoux : C'était à la fin de l'été, donc il y avait encore cette petite ambiance de vacances. Et je sentais, comme je venais d'une chaîne d'informations (LCI, ndlr), qu'il y avait une forme d'attente autour de moi dans cette rédaction qui était un peu jeune, en tout cas jeune en matière de journal incarné, puisque à l'époque, c'était surtout le "6 Minutes" qui faisait parler de lui. Il y avait donc cette attente, et je me disais qu'il fallait que j'en sois digne et que je sois à la hauteur. J'avais un peu de pression.
En 20 ans de JT à M6, qu'est-ce qui a changé ?
Les journaux se sont allongés, nous avons créé le "19.45", puis le "12:50" est devenu le "12.45". C'était en 2009 et c'est vraiment l'expérience la plus marquante que j'ai pu vivre au cours de ces années : partir d'une page blanche et se dire quel rendez-vous d'info on veut offrir à nos téléspectateurs ? C'est là qu'on a pris la décision de présenter debout, d'avoir un journaliste qui vient chaque jour faire une rubrique très pédagogique qu'on appelle le "Expliquez-nous" au cours de laquelle il répond aux questions que peuvent se poser les téléspectateurs. C'est là qu'on a aussi décidé de hiérarchiser notre journal et d'instituer vraiment une rubrique tendance pour éclairer les téléspectateurs sur des tendances de société, sur la mode, sur le jeu vidéo... sur des choses comme ça qui font aussi partie de la vie et qu'on traitait peut-être un peu moins dans les journaux. Et c'est resté. C'était l'ADN du journal. Et puis ensuite il s'est allongé, la rédaction a grossi, a grandi elle aussi, elle a mûri, elle s'est d'ailleurs restructurée récemment. C'est quelque chose qui bouge en permanence, un journal.
Trouve-t-on le même plaisir à présenter un JT après 20 ans d'antenne et de journaux ?
Si je ne trouvais pas le même plaisir, il faudrait que je m'en aille. Parce que c'est un poste qui est quand même crucial, qui est au cœur de la rédaction. Le présentateur, il met en valeur tout le travail qui est fait dans l'ombre par les reporters sur le terrain, par les journalistes-enquêteurs. Et comme on met en lumière ce travail-là, si on n'a pas le cœur à le faire, il vaut mieux s'en aller. On est privilégié quand on est à l'antenne, donc pas question de s'en plaindre. Je suis enthousiaste tous les jours.
Vous êtes un visage maintenant très identifié par le public. Est-ce que vous avez conscience d'avoir créé un lien privilégié avec les téléspectateurs ?
Oui, et c'est marrant parce que je n'avais pas cette conscience-là au début. Je vois vraiment ce qui a changé en 20 ans. Moi, j'ai une petite notoriété, mais au début les gens ne me reconnaissaient pas forcément. Mais quand on reste très longtemps à l'antenne sur la même chaîne, les gens vous identifient. Et ça, je le sens aujourd'hui. Quand je vais dans certains endroits, je vois qu'on me reconnaît. C'est toujours très bienveillant et très sympathique. Donc, je n'en souffre pas du tout. C'est plutôt agréable même et c'était nettement moins le cas il y a 20 ans.
Durant ces 20 ans de JT, y a-t-il un couac, un fou rire, qui vous reste en mémoire ?
Lorsque je faisais les journaux du week-end, le chroniqueur d'"Expliquez-vous", Franck Edard, avec qui j'ai noué une grosse complicité, finit sa chronique mais en sortant du plateau, loupe la marche. Il tombe dans un grand fracas. Évidemment, moi, je ris. Donc là, j'ai vraiment un fou rire. Je sens que lui aussi rit beaucoup. Finalement, je lance le sujet suivant dans un éclat de rire. Et pendant le sujet, il peine à se relever. En fait, il a été absent trois semaines parce qu'il avait vraiment une entorse du genou. (rires)
Depuis 2015, vous présentez en parallèle sur W9 "Enquêtes criminelles" et cette année, Michel Mary vous a rejoint à l'animation. C'était une volonté de votre part ?
On essaie de renouveler la façon de présenter cette émission année après année. Il y a des années où j'ai présenté "Enquêtes criminelles" en extérieur sur les lieux où se déroulaient les faits divers dont on parlait. Donc j'ai fait beaucoup de déplacements en régions pendant 2 ou 3 ans. Et puis à partir de la saison dernière, on s'est dit comment renouveler ? Et Michel Mary, il se trouve qu'il est un chroniqueur régulier des documents d'"Enquêtes criminelles". On s'est dit c'était un visage de l'émission, très identifié et très lié à notre programme et que ce serait bien qu'il soit à mes côtés en plateau et c'est comme ça que ça s'est passé. C'est quelqu'un que je connais depuis très longtemps et avec lequel j'entretiens une belle complicité.
Entre 2023 et 2025, vous avez eu une expérience radio du côté de RTL avec le "Journal inattendu". Pour quelles raisons avez-vous décidé d'arrêter ?
J'ai adoré cette expérience. La radio, c'est un média plus confidentiel et surtout sur cette émission où j'avais un invité pendant 1 heure et donc une longue interview dans laquelle j'essayais justement d'aller chercher un peu de l'intime de la personne. Le média radio était parfait pour ça et j'ai pris énormément de plaisir à faire cette émission pendant 2 ans. Mais c'était en direct tous les samedis. Moi, je présentais tous les jours de la semaine le "12.45". En plus, j'ai chaque vendredi un invité dans le "12.45", que je vais interviewer dans un lieu à l'extérieur, donc je fais ça l'après-midi. Bref, j'avais un emploi du temps ultra chargé et le "Journal inattendu", je le portais vraiment sur mes épaules. Donc, tout au long de la semaine, je bâtissais l'émission, je l'écrivais le soir... Ça m'a demandé beaucoup de travail. Je ne le regrette pas du tout, j'ai adoré. Mais je ne pouvais pas continuer plus longtemps. C'était trop.
Sur RTL d'ailleurs, Anne-Sophie Lapix entame sa 2e saison à la tête du "18/20". Qu'est-ce que cela vous a fait de retrouver votre grande amie une nouvelle fois dans le même groupe ?
On a été ensemble sur les bancs de Sciences Po à Bordeaux puis ensuite au CFJ, l'école de journalisme, à Paris. On s'est suivies également dans notre parcours professionnel. On a commencé toutes les deux à Bloomberg Télévision qui était une télévision un petit peu confidentielle, puis on a travaillé à LCI également ensemble et puis aujourd'hui elle est à RTL de l'autre côté de de l'avenue. Comme vous le voyez, la vie nous réunit ! (rires) Mais on n'a pas besoin de ça pour se voir parce qu'on a la même bande d'amis.