Les images ont provoqué l'indignation de la classe politique. Ce jeudi, les équipes de "Cash Investigation" mettaient en lumière des comportements inacceptables d’animateurs dans le périscolaire, notamment à Paris. L'enquête s'intéressait notamment aux conditions de travail des encadrants, pointant leurs faibles rémunérations, les temps partiels subis et les emplois du temps hachés, alors que plus de cinq millions d’enfants sont accueillis chaque jour dans les écoles. En caméra cachée, une journaliste du magazine incarné par Elise Lucet montrait également des comportements inappropriés d’animateurs, dont une qui embrassait un enfant sur la bouche dans une école maternelle du 7e arrondissement de la capitale. La sanction n'a pas tardé à tomber.
La ville de Paris a annoncé ce vendredi 30 janvier dans un communiqué avoir suspendu "avec effet immédiat" les deux animatrices "mises en cause" dans ce reportage. Par ailleurs, la mairie a également annoncé le lancement d'une enquête administrative sans délai, le dépôt d'une plainte et un signalement au Parquet afin "d’agir avec la plus grande fermeté contre toute forme de violence et de maltraitance à l’égard des enfants". Enfin, "un signalement au Service Départemental de la Jeunesse, de l'Engagement et des Sports (SDJES) a immédiatement été réalisé, le SDJES pouvant décider de lancer aussi une enquête et d'interdire aux personnes identifiées d'exercer auprès d'enfants".
De son côté, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé en cette veille de week-end "procéder ce jour à plusieurs signalements" à la justice. "A la suite des révélations de 'Cash Investigation' hier soir, je procède ce jour à plusieurs signalements, sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale", a annoncé le membre du gouvernement sur le réseau X. Cet article prévoit que toute autorité ayant connaissance d’un crime ou d’un délit doit en informer la justice. "Pour ce qui relève des pouvoirs administratifs de l’éducation nationale, j’engage également sans délai les procédures de contrôle et de sanction. Une seule ligne : ne rien laisser passer", a-t-il ajouté, sans préciser quels établissements ou personnels seraient visés.
La colère a également gagné les prétendants à la municipalité parisienne, dont Rachida Dati. "Les images, filmées en caméra cachée, montrent des comportements inacceptables à l’encontre des enfants", a réagi dans un communiqué la maire de l'arrondissement visé par cette plainte. Elle dénonce " l’omerta" ainsi que des "dysfonctionnements systémiques" qui perdurent et réclame une enquête globale sur l’ensemble du périscolaire parisien, un plan d’urgence pour faire face à la multiplication d’agressions sur les enfants et une refonte globale des activités éducatives, ludiques ou de garde organisées. Ses concurrents Sophia Chikirou (LFI) et Emmanuel Grégoire (Union de la gauche), "choqués", ont également dénoncé ces "situations de violence insupportables".
Deux séquences ont particulièrement offusqué les téléspectateurs de "Cash Investigation" alors qu'une journaliste de l’émission était parvenue à se faire recruter en tant qu’animatrice périscolaire dans une école francilienne. Une première à la cantine lors de laquelle une encadrante crie sur de jeunes enfants "apeurés", même quand l'un d'eux a les larmes aux yeux. "Silence ! Sileeeeence !", "Vous avez perdu le droit de parler", "On reste assis, on bouge pas", "Range ta chaise avant que je m'énerve"', l'entend-t-on s'époumoner. Une scène suivie d'une autre toute aussi accablante pour une autre animatrice. Assise sur un banc, elle appelle un élève et l’embrasse par deux fois sur la bouche. "Je suis folle de lui… ", chantonne-t-elle.

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