C'est la dure loi de Netflix. Chaque mois, ses abonnés se font une raison de devoir dire adieu à des fictions classés dans leur panthéon. Cela sera encore le cas pour l'un des thrillers références des années 90, "Peur primale", qui quittera le catalogue le 16 octobre prochain. Cette oeuvre culte avec Richard Gere et Edward Norton au casting s’est inscrite dans une période riche pour le genre avec une sortie en simultané avec "Le silence des agneaux", "Seven" ou encore "Usual Suspects". Dès son lancement, elle a rencontré un succès commercial solide, avec plus de 100 millions de dollars de recettes mondiales, et de très bonnes critiques de la presse. Une presse unanime sur la prestation saisissante d'Edward Norton, débutant récompensé par un Golden Globe pour avoir tenu la dragée haute à son expérimenté aîné dans un face à face mémorable.
Le "rookie" incarne Aaron Stampler, un jeune homme de 19 ans accusé du meurtre d’un archevêque de Chicago. Arrêté sur les lieux du crime, couvert de sang, son personnage apparaît pourtant incapable de se défendre. Timide, bègue, presque absent à lui-même, il ne correspond pas du tout à l’image que renvoie l’affaire. C’est cette mystérieuse dualité qui pousse Martin Vail, campé par Richard Gere, avocat aussi médiatique qu’ambitieux, à prendre sa défense. Convaincu que son client est victime d’une terrible erreur judiciaire, l'homme de loi se lance dans une bataille acharnée pour le faire libérer.
Inspirée du roman éponyme de William Diehl, "Peur primale" s'en détache en donnant une grande liberté d'action à ses acteurs principaux. Ceux-ci s'en sont donné à coeur joie pour déployer un suspense psychologique d'une rare puissance, nourrie par des manipulations, faux-semblants et coups de théâtre à gogo. L’ensemble du film repose en effet sur ce que le spectateur accepte de croire ou non au sujet du présumé coupable, jusqu'au twist final et à cette dernière confrontation qui reste dans les mémoires. Grâce à ce rôle, Edward Norton voit sa carrière décoller et s'attire les convoitises de grands réalisateurs ; il sera au casting de "American Story X" et "Fight Club" quelques années plus tard. Un drôle de destin pour ce jeune comédien, qui a bénéficié des refus de Leonardo DiCaprio, Matt Damon ou James van der Beek pour se glisser dans la peau d'Aaron.
