Le ton monte du côté du groupe Canal+. Définitivement condamné mercredi 14 janvier pour corruption de mineurs, avec une peine de 2 ans de prison avec sursis et une lourde amende, le présentateur Jean-Marc Morandini a été maintenu à l'antenne de CNews. "Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice et il reste à l'antenne sur CNews", avait déclaré mercredi la direction de la chaîne, via un message a transmis à l'AFP. Le présentateur reste donc à la tête de sa quotidienne, "Morandini Live", sur CNews de 10h30 à 12h, du lundi au vendredi.
Dans un communiqué, le syndicat autonome de Canal+, +Libres, s'est désolidarisé de la décision de sa direction. "Nous apprenons aujourd'hui la décision du groupe Canal+ de maintenir Jean-Marc Morandini à l'antenne, malgré l'arrêt de la Cour de cassation confirmant sa condamnation pour corruptions de mineurs. Avant tout, nous avons une pensée pour les victimes de Jean-Marc Morandini. Nous leur apportons notre soutien et souhaitons qu'elles sachent que nous regrettons profondément la décision prise par le Groupe", peut-on lire. Le syndicat +Libres soulignes les "conséquences négatives" qui dérivent de ce maintien à l'antenne : "remise en cause de la crédibilité de notre groupe dans sa politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE), atteinte à son image, impact sur la fierté d'appartenance des collaborateurs." Et d'ajouter, faisant référence aux bonnes audiences récentes de la chaîne : "Comment CNews peut-elle se réjouir d'être la première chaîne d'information en France tout en conservant à l'antenne un animateur/journaliste aujourd'hui discrédité par une condamnation définitive ?". Le syndicat somme enfin la direction du Groupe de respecter son engagement pris en 2016, à savoir un départ de Jean-Marc Morandini de l'antenne en cas de condamnation, et sans indemnités.
Dans un article publié par "Le Parisien", plusieurs salariés de CNews racontent, anonymement, leur colère. "C’est indéfendable et honteux. C’était l’occasion de s’en débarrasser, comme la direction de Canal l’avait promis en cas de condamnation définitive il y a dix ans, réagit un témoin rencontré par le journal francilien. En termes d’images, c’est dévastateur pour nous. Comment va-t-on continuer à traiter certains thèmes à l’antenne ? Cela entache les visages de l’antenne de CNews comme la rédaction. On fait un formidable cadeau à nos détracteurs." Même son de cloche pour l'un de ses collègues : "Il y a beaucoup de mécontentements. Tous ceux qui se montrent très virulents tout au long de l’année envers les décisions de justice et leurs applications, qui étaient intransigeants envers Pierre Palmade, pensent de même pour Jean-Marc Morandini. " D'autres sont, à l'inverse, persuadés que la polémique s'éteindra rapidement : " Dans deux semaines, c’est oublié ! À la fin, c’est aussi le public qui décide. Et il se fiche de cette affaire : mercredi, il était en tête des chaînes info." Plusieurs salariés de Canal+ espèrent une mobilisation massive, comme à l'époque de la reprise d'I-Télé, face à cette situation. Jean-Marc Morandini, lui, étudie avec ses avocats "la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme" suite au verdict de la Cour de cassation.

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