Jean-Marc Morandini refuse d'abdiquer. Définitivement condamné pour corruption de mineurs sur trois adolescents entre 2009 et 2016 après la décision de la Cour de cassation de refuser son pourvoi, l'animateur de 60 ans ne se met pas pour autant en retrait des caméras de télévision. "Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice et il reste à l’antenne sur CNews", dès ce jeudi 15 janvier à 10h30, a indiqué son employeur CNews dans une déclaration transmise à l’AFP. Le journaliste a par ailleurs indiqué se garder le droit de saisir la justice européenne. "Considérant comme particulièrement injuste le rejet de son recours par la Cour de cassation et rappelant qu'il n'y a jamais eu le moindre geste déplacé, ni même à fortiori la moindre agression dans ce dossier, Jean-Marc Morandini et ses conseils étudient désormais la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme", souligne-t-il dans un communiqué distinct envoyé à l'AFP.
Pourtant, en 2016, alors que CNews se nommait i-Télé, et que Jean-Marc Morandini y présentait la tranche info de 18h à 19h, un communiqué du groupe Canal+ confirmait l'arrivée de sa recrue sur la chaîne d'actualité au nom du "principe de présomption d'innocence" à la suite des accusations portées à son encontre. "En cas de condamnation, Jean-Marc Morandini et i-Télé, ont d'ores et déjà prévu qu'il quitterait le groupe sans indemnité", était-il écrit. Alors qu'il avait été mis en examen, la rédaction avait voté une motion de défiance à une très large majorité avant de se mettre en grève. Le mouvement de protestation s'était soldé par le départ de près d'un tiers des journalistes d'i-Télé.
Désormais incarnant du "Morandini Live" de 10h30 à 12h sur CNews, le natif de Marseille avait été condamné le 21 mars 2025 à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende par la cour d’appel de Paris. Celle-ci avait en outre prononcé contre lui une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs et confirmé son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. En première instance, en décembre 2022, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné à un an de prison assorti d’une période de sursis probatoire de deux ans. Jean-Marc Morandini avait fait appel et avait vu sa peine alourdie à l’issue de son second procès. Dans cette affaire, il lui était notamment reproché d’avoir envoyé des messages à deux jeunes de 15 ans, en 2013 et 2015-2016, qui consistaient pour l’un à évoquer des scénarios sexuels et, pour le second, à lui demander d’envoyer une photo de lui dénudé.
L'une des victimes présumées de l'animateur a réagi auprès de "Mediapart" à la suite de l'annonce du maintien à l'antenne de celui qu'il avait contacté pour un stage dans l'audiovisuel. "Désormais, quotidiennement, CNews et le groupe Canal+ donneront la parole et mettront à l’antenne un délinquant sexuel condamné définitivement pour corruption de mineurs tandis que des chroniqueurs et éditorialistes viendront commenter des faits de société comme si de rien n’était, déplore Axel, déjà entendu dans un numéro de "Complément d'enquête" sur France 2. "C’est un signal extrêmement préoccupant envoyé aux victimes et à la société dans son ensemble."

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