Du rififi en marge du premier meeting d'Edouard Philippe. Le maire du Havre a officiellement lancé sa campagne pour la présidentielle 2027, dimanche 5 juillet, en proposant sa première prise de parole publique depuis l'Adidas Arena. Entre 4.000 et 5.000 personnes, selon les équipes du candidat Horizons, étaient présentes pour découvrir les grandes lignes de son programme et entendre pour la première fois son slogan, "Croire en nous". Les médias traditionnels s'étaient déplacés pour couvrir l'évènement, mais pas uniquement, puisque des créateurs de contenu politiques, des streamers spécialisés, étaient également présents.
Mais, selon deux d'entre eux, Robin Ratto (alias Drakeoz sur Twitch) et Hugo Couturier, les choses ne se sont pas du tout passées comme prévu. Drakeoz, qui avait fait le déplacement depuis le sud de la France pour suivre le meeting et en proposer des commentaires en live depuis l'Adidas Arena, n'a finalement pas pu proposer son analyse du premier meeting d'Edouard Philippe. Le streamer dénonce une censure pure et simple : "Hier, nous apprenons que l'on ne pourra pas diffuser à la fois le discours d'Edouard Philippe, et le commenter. [...] C'est une vraie atteinte à la liberté d'informer pour les créateurs et streamers politiques. On est dans une situation où soit on diffuse le flux et on se tait… bâillonnés, clairement, on nous l'a fait comprendre. Soit on commente, mais on n'a pas le droit de diffuser le flux en direct depuis la salle. [...] Il y a des personnes qui ont essayé de nous aider pour pouvoir streamer mais on n'a pas pu : on a été complètement censurés, bâillonnés. C'est scandaleux : j'ai eu l'occasion de faire d'autres meetings, c'est la première fois que ça arrive et ce n'est pas normal. [...] Il ne faut pas que ça se reproduise. Il faut que l'on puisse informer librement ceux qui veulent nous écouter, nos viewers et ceux qui nous suivent."
Hugo Couturier a lui aussi rapporté des conditions de travail compliquées, même s'il a pu, contrairement à son collègue, réaliser son stream en direct depuis l'Adidas Arena, dans des conditions dégradées. "J'ai pu le faire, suite à un échange en amont avec l'orga. À condition de rester assis dans la zone presse pendant la durée du meeting. Ce n'est pas optimal", a commenté le journaliste sur le réseau social "X", ajoutant que les streamers ainsi que tous les journalistes avaient reçu l'interdiction de filmer le meeting. "J'ai pu commenter et filmer en même temps. À titre personnel, on m'a juste demandé d'être discret pour ne pas déranger autour de moi, a ajouté Hugo Couturier, qui invite les personnalités politiques à considérer désormais la place des streamers politiques, de plus en plus nombreux. "Je déplore la situation qui est arrivée à Drakeoz, Horizons s'offre une mini polémique bête, alors qu'il y avait clairement la place pour que tout le monde puisse bosser correctement", a-t-il conclu.
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