Le foot français sortait à peine la tête de l'eau que le voilà replongé dans la nasse. Au lendemain de la décision de la FIFA d'attribuer les droits TV du Mondial 2026 à beIN Sports au détriment de Ligue 1+, Nicolas de Tavernost a annoncé son départ "irrévocable" de LFP Médias, la filiale commerciale de la Ligue de football professionnel. Le matin-même de sa démission, l'ancien patron de M6 mettait son avenir entre les mains des dirigeants des clubs français lors d'un conseil d'administration, prévu le jeudi après-midi. "Les dés du jeu ont été pipés. Je demande le soutien des clubs et de tous les propriétaires pour que la Ligue 1 se développe correctement car c'était une fantastique opportunité cette Coupe du monde", implorait-il face à Marc-Olivier Fogiel sur RTL. Son message n'a pas été entendu par les concernés et le pompier de service a considéré ne plus être en mesure de poursuivre sa mission devenue "impossible". Il assurera néanmoins son rôle, le temps de trouver un successeur.
Mais plus que le sort de l'homme d'affaires de 75 ans, c'est tout l'écosystème du football tricolore qui tremble à la suite de cette nouvelle tempête médiatique. L'avenir de Ligue 1+, lancé par LFP et Nicolas de Tavernost en juillet 2025 pour diffuser les images du championnat, semble même en danger après les propos tenus par Vincent Labrune lors de cette assemblée exceptionnelle. "Tous les administrateurs ont été en soutien de Ligue 1+ mais les positions médiatiques de Nicolas ont suscité un émoi et ce matin je me suis rendu compte que ça allait être compliqué de remettre l’église au centre du village", aurait asséné le président de la Ligue, selon RMC.
Dès lors, toute poursuite de collaboration s'avérait illusoire. "Je ne suis pas convaincu qu’on soit en capacité de remettre un élan collectif fort autour du projet", a-t-il renchéri au sujet d'une chaîne qui ne diffusera aucun match en direct entre fin mai et la mi-août. Ces mots forts interrogent forcément sur le futur d'une plateforme qui avait connu un démarrage fulgurant avant un tassement des abonnements. Ils laissent également entrevoir un nouveau bourbier dans lequel était installé le ballon rond hexagonal depuis la fin du deal avec DAZN.
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À l'époque où le diffuseur éphémère de la Ligue 1 envisageait de suspendre le paiement d’une échéance, Daniel Riolo prenait publiquement position pour le départ de Vincent Labrune. "Aujourd’hui, il y n’a qu’une seule solution, c’est que les présidents de clubs disent à Vincent Labrune : ‘Il faut que tu t’en ailles’. ‘Si tu démissionnes, on organise la fin du deal avec DAZN, on va voir Canal+, on se remet à discuter et on réfléchit à un avenir’", prédisait en février 2025 le consultant vedette de RMC, partisan du retour sur le rectangle vert de la chaîne cryptée. "Il faudrait que les présidents soient assez intelligents pour dire : ‘On va réfléchir à un avenir, on va essayer de trouver un bon président pour la LFP, on va essayer d’œuvrer pour le bien commun’. La réunion de mercredi ne doit servir qu’à ça. La seule issue, c’est le départ de Vincent Labrune. Ça ne peut être que ça", estimait le partenaire d'antenne de Gilbert Bribois.
Or, l'ancien président de l'OM semble bien attaché à son poste, et Maxime Saada avait enterré tout espoir de réconciliation et donc de positionnement sur les droits de la Ligue 1. "Si la Ligue de football n’a pas envie de travailler avec nous, cela devient compliqué. Je ne vais pas les forcer. Nous sommes l’acteur qui en a le moins besoin (...) Nous avons pris le parti d’avoir le meilleur en sport, en séries, en films. Les scores de la Ligue des champions sont sans commune mesure avec ceux de la Ligue 1. La saison dernière, le match PSG-Arsenal a été suivi par 4,1 millions d’abonnés !", taclait le président du directoire de Canal+ dans une interview accordée au "Figaro" en décembre dernier.

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