"Chagriné", Karim Rissouli a pris la parole pour "dissiper un malentendu". L'avant-veille dans son émission "C ce soir", et alors qu'il s'attaquait au sujet de l'intelligence artificielle dans la littérature, le journaliste avait cité la romancière adorée du grand public Virginie Grimaldi. Cette dernière était montée au créneau pour défendre son confrère canado-haïtien, accusé d'avoir eu recours à la technologie pour écrire "C'est ça ou mourir", l'un des cartons de la rentrée littéraire. "Il y a une autrice qui s'appelle Virginie Grimaldi, qui n'a pas grand-chose à voir avec Thélyson Orélien, qui fait une littérature populaire, qui vend énormément...", avait-il lancé avant de relayer le point de vue de l'autrice de "Plus grand que le ciel" sur cette controverse.
Cette analogie a vexé l'intéressée, qui, contrairement à ses coutumes, s'est servie des réseaux sociaux pour réagir à ce nouvel exemple de dédain élitiste à son égard. "On a tout à fait le droit de ne pas aimer ce que j’écris. Je dis qu’il y a une nette différence entre critiquer et mépriser. J’aimerais ne pas y voir du mépris de classe", a notamment dénoncé l'une des romancières les plus lues de France. Elle se bat en effet depuis plusieurs années contre ces manifestations de condescendance, plus pour ses lecteurs que pour sa propre personne.
Ce message s'est révélé suffisamment impactant pour que Karim Rissouli lui réponde, également via Instagram, afin d'aplanir les tensions. "Il me semble important de dissiper un énorme malentendu", a débuté le visage de France 5 avant d'effectuer son mea-culpa envers l'écrivaine aux dix ans de carrière. "Je m'en excuse le plus sincèrement du monde auprès d'elle et de ses lecteurs", a-t-il fait amende honorable. L'ex-incarnant de "C Politique" a néanmoins voulu "préciser quelques points" pour expliquer sa comparaison de mercredi soir. "Le mot 'populaire' dans ma bouche est absolument positif. Je viens et ai été construit de et par cette culture populaire, donc ce n'est absolument pas péjoratif", a assuré celui qui se dit extrêmement touché par la réaction de Virginie Grimaldi.
"Pourquoi ça me chagrine autant et que je prends le temps de répondre ? C'est parce que j'ai beaucoup de respect pour elle, pour la romancière et la femme qu'elle est au vu des interviews que j'ai pu lire ici ou là", souligne le journaliste amené à recevoir intellectuels et artistes dans son rendez-vous quotidien en semaine. Il a d'ailleurs lancé une invitation à l'autrice pour s'expliquer de ce quiproquo de vive voix. "Si un jour on se voit dans la vraie vie, j'espère qu'elle pourra se rendre compte que le mépris de classe qu'elle a ressenti quand j'ai dit ça est vraiment à l'opposé de mes valeurs. C'est quelque chose dont j'ai été plutôt victime dans ma vie, et que je continue à combattre", a mis en exergue Karim Rissouli, renouvelant ses excuses si la cible de sa remarque s'était "sentie insultée" par son intervention. "Ce n'était pas du tout le sens de mes propos", a-t-il conclu.
Le message est parvenu à l'autrice qui n'a pas tardé à y répondre. "Bonjour Karim. Je vous remercie pour vos excuses. Le terme 'populaire' ne m'a jamais gênée, au contraire, c'est une fierté qu'il me soit accolé. C'est la comparaison avec un autre auteur, le 'pas grand-chose à voir' qui m'a heurtée. Vous dites que votre comparaison portait sur l'ancienneté et la popularité, c'est une explication que j'accepte de croire. Je connais un peu votre parcours et j'apprécie votre travail, mon étonnement n'en a été que plus grand. Si j'ai mal saisi votre intention, je suis sincèrement désolée que ma première réaction publique à ce mépris que je côtoie régulièrement soit tombé sur vous, et c'est à mon tour de vous présenter des excuses. Je retire mon post. Je serai ravie d'en discuter avec vous à l'occasion", a commenté l'écrivaine. Tout est bien qui finit bien.