Catherine Pégard dans la matinale de France Inter.© France Inter
Des dossiers lourds et urgents attendent Catherine Pégard. Cette journaliste de formation a succédé le mois dernier à Rachida Dati au ministère de la Culture. La nouvelle locataire de la Rue de Valois doit gérer plusieurs chantiers d’importance, dont le projet Louvre Renaissance et la réforme de l’audiovisuel public. Ce lundi matin, elle était invitée sur France Inter pour donner le "la" de sa politique "utile" pour les spectateurs et les artistes. Malgré la restriction de budget alloué à son poste, l'ex-présidente du château de Versailles essaie de "grappiller des subventions supplémentaires" dont elle estime avoir besoin pour mener à bien ses missions. Mais sait aussi son temps limité en raison de la prochaine élection présidentielle.
Pendant plusieurs mois, le dossier de la holding souhaité par Rachida Dati, qui devait réunir France Télévisions, Radio France, l'INA et France Médias Monde avec une présidence commune, était au coeur de l'agenda législatif. La candidate déchue à la mairie de Paris avait fait de cette réforme un symbole. Or, ce projet, taclé par de nombreuses personnalités, a été abandonné en cours de route et suspendu. Catherine Pégard va-t-elle profiter de sa nomination pour le reprendre ? La question lui a été posée ce matin par Benjamin Duhamel. "Est-ce que cette ambition de faire passer ce texte de loi est enterrée ?", l'a sondé le nouveau visage du service public. "Je pense qu'elle n'est pas pour les prochains mois", a répondu de facto la ministre. "Il ne faut pas abandonner l'idée de cette holding, vous verrez que la proposition de loi n'a pas été inscrite à l'ordre du jour", a ajouté l'ex-conseillère culture de Nicolas Sarkozy.
Catherine Pégard a confirmé qu'aucun consensus n'avait été trouvé en la matière. "Je ne dis pas qu'il n'y aura pas de texte sur le service public, je ne le sais pas. Aujourd'hui, ma mission est de poursuivre des consultations, de discuter avec les uns et les autres, de reprendre un dialogue et de fixer une nouvelle ambition", a-t-elle confié.
En juin dernier, et à la demande de Rachida Dati, les députés de la commission des Affaires culturelles avaient commencé à plancher sur la proposition de loi, adoptée en première lecture au Sénat, qui prévoit de regrouper au sein d'une même entité juridique, dénommée France Médias, les principaux groupes de l'audiovisuel public - France Télévisions, Radio France, l'INA, ainsi que potentiellement France Médias Monde - à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Chaque entité devait conserver son identité propre, mais se retrouverait sous la houlette d'une holding à 100% publique, dirigée par un PDG chargé de la stratégie globale et de la répartition des budgets entre les filiales : france.tv, Radio France, Franceinfo et la plateforme locale ICI.
Après deux tentatives déjà avortées en juin et décembre 2024 (pour cause de dissolution de l’Assemblée nationale, d’abord, en raison de la chute du gouvernement Barnier, ensuite), puis celle d’avril 2025 (le texte avait été retiré de l’ordre du jour faute de temps pour l’examiner), le projet contesté par les syndicats avait une nouvelle fois été rejeté d'emblée devant l'Hémicycle.

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