Rachida Dati a vu son rêve de conquérir Paris partir en fumée. Avec seulement 41,52% des suffrages du second tour des municipales, la candidate de la droite a été battue par son rival Emmanuel Grégoire, lequel a fêté sa victoire éclatante en enfourchant un Vélib pour rejoindre ses partisans massés devant l’hôtel de ville. L'ex-ministre de la Culture, le visage fermé, a reconnu sa défaite lors d'un discours de deux minutes chrono. En revanche, les commentateurs ont analysé plus longuement son nouveau revers dans la capitale.
Ce lundi matin, Patrick Cohen n'a pas fait dans la demi-mesure pour débriefer l'issue des votes de la veille. "Pire qu'une bérézina, une humiliation", a démarré le journaliste politique. Puis, il a énuméré dans une longue tirade les casseroles de la dirigeante politique qui l'avait menacé en direct dans "C à vous". "Pas seulement pour Rachida Dati, mais aussi pour son premier supporter, le président de la République qui lui a offert un poste ministériel, une nouvelle loi électorale sur mesure, un maintien au gouvernement jusqu'à trois semaines de l'élection, des coups de pouce pour décourager ses concurrents, puis pour lui dégager la piste au lendemain du premier tour et qui a fermé les yeux sur ses affaires judiciaires, ses comportements problématiques, menaces, intimidations, attaques personnes et refus de débat", s'est moqué l'éditorialiste, soulignant le fait que Rachida Dati n'avait pas "mis un pied à France Inter pendant la campagne". La conclusion de sa chronique a sonné le glas de la protégée d'Emmanuel Macron : "Je crois bien que jamais autant de fées ne s'étaient penchées sur le berceau d'une candidature municipale, ce qui fait de sa raclée une sorte de cas d'école d'aveuglement politique".
Un contentieux oppose Rachida Dati à Patrick Cohen depuis un clash survenu à la table de "C à vous", en juin dernier. Interrogée sur ses démêlés avec la justice et des accusations portées contre elle, l'ancienne ministre a répliqué en menaçant son intervieweur de déclencher une enquête contre lui pour des accusations de harcèlement rapportées dans "Mediapart". "M. Cohen, avez-vous harcelé vos collaborateurs ? Est-ce que c’est vrai, M. Cohen ?", avait interrogé la mise en examen dans le cadre de l’affaire Carlos Ghosn pour corruption passive. "Vous pourriez aussi tomber sous le coup de ce délit. Il suffirait que je fasse un article 40 pour dénoncer suite à ce papier de Mediapart. Je peux saisir le tribunal (…), je peux le faire", l'avait-elle intimidée. France Télévisions, mais aussi Radio France, avaient apporté leur soutien à leur employé contre ce "grand moment de violence politique en direct".
La tension entre les deux protagonistes n'est jamais retombée, et est même montée d'un cran lorsqu'une discussion tenue en privée avec Thomas Legrand s'est retrouvée à la une de l'actualité médiatique en septembre. Le chroniqueur de France Inter avait été surpris en train de discuter stratégie contre celle qui briguait la mairie de Paris. "Nous, on fait ce qu’il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi", l'entendait-on dire à des dirigeants socialistes dans une vidéo enregistrée en catimini. Rachida Dati avait alors demandé que des mesures soient prises à l'encontre des deux journalistes en question, dénonçant des "propos graves et contraires à la déontologie".

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