Rolf Heinz, directeur général du groupe "L'Equipe"© BestImage
"Avez-vous confiance dans la capacité de notre directeur général à repenser la réorganisation en concertation avec les salariés et de leurs représentants, à préserver les emplois, à rétablir des conditions de travail décentes pour tous et conserver la qualité éditoriale de 'L’Équipe' ?". À cette question-là, les salariés du groupe dirigé par Rolf Heinz ont répondu non à 83,71%, ce qui représente 185 voix sur 221 votants, selon les informations de Puremédias. La motion de défiance a donc été votée ce mercredi 25 mars à l'encontre de celui qui a pris la direction du groupe L'Équipe en juin 2024. Dans le détail, 13,12% des votants ont répondu oui (29 voix) et 3,17% ont voté blanc (7 voix).
"Nous interpellerons cet après-midi en CSE la direction pour qu'elle prenne enfin la mesure de ce désaveu", a réagi l'intersyndicale SNJ-SNJ-CGT-BP-Ufict-CGT, qui annonce une nouvelle assemblée générale la semaine prochaine pour rendre compte des "réponses apportées (ou non) par la direction".
Ce vote fait suite à une consultation syndicale lancée en fin de semaine dernière. Les salariés déplorent des conditions de travail dégradées et des négociations annuelles obligatoires (NAO) "au point mort". Une assemblée générale a été organisée jeudi 19 mars pour évoquer les propositions de la direction sur ces NAO, dont "une augmentation 'collective' correspondant à 0,3% de la masse salariale, réservée au bas salaires et à la réduction des inégalités", indique l'intersyndicale dans un communiqué que Puremédias a pu consulter. "Les propositions de la direction sont loin du compte", fustigent les syndicats, qui ajoutent qu'elle n'est pas prête à discuter, "sauf à l’intérieur de l'enveloppe allouée, par exemple en modulant au sein de la grille l’augmentation des piges", que la direction prévoyait de revaloriser d'1%.
Les conditions de travail, le sous-effectif est également pointé du doigt. Notamment "la réorganisation du service édition, mise en place il y a quelques semaines", explique un salarié du groupe à Puremédias. "Il y a une dégradation nette des conditions de travail, beaucoup de salariés sont déjà à bout", poursuit ce journaliste. Lors de cette consultation syndicale menée de vendredi à mardi, 53,92% des votants se sont dits favorables à un arrêt de travail dont la forme reste à définir, 82,35% des votants se sont dit favorables au boycott du séminaire Vision 2030 organisé le jeudi 26 mars et 75,98% (155 votes sur 204) se sont prononcés en faveur d'une motion de défiance visant le directeur général.
Ces résultats ont été révélés mardi 24 au soir lors d'une nouvelle assemblée générale, qui a donc débouché sur le vote d'une motion de censure visant Rolf Heinz, adoptée à près de 84% par les salariés qui ont pris part au vote, et qui avaient jusqu'à ce mercredi 12h pour se prononcer.
En novembre dernier, c'est Matthias Gurtler, le directeur des rédactions, qui avait été visé par une motion de défiance votée à 92,8% par 250 salariés (sur un total de 350). Ils contestaient à la fois un projet de réorganisation, qui visait à intensifier le passage du média vers le numérique par rapport au papier, et des "dérives éditoriales", avait alors indiqué la Société des journalistes (SDJ). Du point de vue éditorial, la SDJ pointait une "multiplication des brèves à clics faciles (et sans intérêt) sur le site" et "trop de people", qui entraînaient une "perte d'ADN du journal". Auparavant à la tête du magazine people "Gala", Matthias Gurtler était devenu directeur des rédactions du groupe le 3 février 2025, ce qui avait alors soulevé des inquiétudes. Sur sa feuille de route : l'accélération du développement vidéo et numérique du groupe de médias et l'élargissement de son audience au-delà des seuls fans de sport. Après cette motion de défiance, il avait quitté son poste en février dernier.

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