Quelle plateforme remportera la bataille du hit de l'été ? Chacune à leur tour, Netflix, Prime Video et Disney+ ont dégainé leur arme fatale pour séduire en masse les abonnés à leur service. Le N rouge a choisi de miser sur "Le Dernier refuge", un huis-clos mi-fantastique, mi-horrifique pour les captiver alors que la plateforme chère à Walt Disney a placé ses billes sur "The Shards", une collaboration ambitieuse entre le réalisateur prolifique Ryan Murphy et le sulfureux romancier Bret Easton Ellis. De son côté, Prime Video a choisi de faire confiance en une formule qui marche : le teen drama avec "Sterling Point". Dans la foulée du phénomène "Off Campus", le géant du streaming a poursuivi sa stratégie avec cette nouvelle création destinée au public Young Adult qui a déjà fait mouche auprès des fans du genre.
Mais contrairement à la plupart des succès récents, la série n'est pas adaptée d'un roman. Elle a trouvé sa genèse grâce au cerveau fertile de Megan Park ("Mon futur moi"), qui a imaginé ce fait divers romancé avec en toile de fond cette enquête intime autour de l'héritage mystérieux d’une île au Canada. Mais son ancrage dans le deuil, l'adoption et cette quête d'origine lui donne un parfum de vérité qui entretient la confusion. La scénariste et réalisatrice a pu compter sur le soutien de deux producteurs rodés au genre : Stephanie Savage et Josh Schwartz, les géniteurs de "Gossip Girl".
L'histoire suit Annie Jacobson, une lycéenne new-yorkaise de 17 ans incarnée par Ella Rubin. Élevée avec son frère jumeau Connor (Keen Ruffalo) par son père adoptif (Jay Duplass), elle voit sa vie basculer lorsqu'elle hérite de l'île isolée de son mystérieux grand-père, qu'elle n'a jamais connu. Sans prévenir personne, l'héroïne part enquêter seule sur place.
Dans ce voyage initiatique, l'île en elle-même devient un personnage à part entière, époustouflante de beauté et de douceur. Soit une bulle hors du temps, où les amitiés se nouent à la vitesse de l’été et où les premiers émois prennent des allures de romances sans fin. Aussi sublime soit-elle, l’île de "Sterling Point" n’existe pas sur les cartes, même si les décors ont été tournés près de Toronto, dans l'état canadien de l'Ontario. Elle s'inspire directement de la région des lacs de Muskoka, une zone de villégiature où se croisent résidents à l’année, vacanciers en chalet et nouveaux riches prêts à tout pour bâtir de luxueuses propriétés. Dépaysement garanti pour cette parenthèse estivale de huit épisodes qui pourrait durer plus longtemps qu'un simple flirt.