Rodolphe Saadé aurait-il fait une mauvaise opération ? En 2024, l'armateur finalisait son rachat du groupe RMC BFM à Altice Média. Les deux médias intégraient l'escarcelle de l'homme d'affaires, quelques mois après le rachat de "La Tribune", et quelques semaines avant l'acquisition d'un autre média central, 100% digital celui-là : le pureplayer "Brut". Un peu moins de deux ans après cette opération d'envergure, le groupe RMC BFM aurait commencé à sombrer, selon les informations de "L'Informé".
Pour s'offrir les deux médias audiovisuels, Rodolphe Saadé avait mis la main à la poche : 1,57 milliard d'euros. Une opération pour le moment tout sauf rentable. "En 18 mois, la valorisation du petit empire audiovisuel a fondu de près de 40%", précise "L'informé", qui ajoute que "les titres ont été dépréciés de 464 millions d’euros, pour tomber à 730,4 millions d’euros fin 2025." Pour certains, cette dégringolade n'a rien d'une surprise. "Tout le monde savait que Rodolphe Saadé, le dirigeant de CMA CGM, avait surpayé, a assuré une journaliste à "L'Informé". Mais cela lui a permis d’énormément gagner en influence."
Le groupe RMC BFM paye au prix fort trois facteurs. D'abord, la montée en puissance de CNews, avec laquelle elle se dispute le leadership des chaînes infos depuis plusieurs années. Ensuite, l'effondrement du marché publicitaire, qui touche durement tout l'écosystème de la télévision. Enfin, la clause de cession activée par de très nombreux journalistes de BFMTV suite au rachat de leur chaîne par Rodolphe Saadé. "Bénéficiaire durant 12 ans, la chaîne info s’est ainsi retrouvée dans le rouge en 2024", a rappelé "L'Informé". En juin 2026, Claire Léost, patronne de CMA Média, avait annoncé la mise en place d'un plan de rigueur pour remettre son navire à flots. Parmi les actions mises en place, la vente des canaux locaux de BFMTV. "Notre objectif est de trouver des repreneurs pour ces chaînes, qui auront un modèle économique plus pérenne avec des groupes probablement plutôt locaux qu’avec un groupe comme CMA Média", avait alors assuré la dirigeante. Des annonces qui avaient suscité la fronde des syndicats et de la SDJ de BFMTV, qui avaient jugé cette décision "particulièrement inquiétante."
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