Rodolphe Belmer tire la sonnette d'alarme. "Nous faisons appel au Premier ministre pour que l’exécutif prenne ses responsabilités, alors que le secteur est bousculé", a lancé le directeur général du groupe TF1 dans une lettre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, et consultée par "Le Figaro".
En cause : les difficultés économiques rencontrées par le secteur de la télévision face au recul du marché publicitaire et la place toujours plus importante des Gafam, qui "captent sans contrainte nos audiences et nos annonceurs et fragilisent durablement le financement de la création". "L’immobilisme n’est plus une option, affirme Rodolphe Belmer dans sa missive. Nous ne comprenons pas l’absence de réponse de l’exécutif à [nos] demandes légitimes, évidentes, consensuelles et faciles à instruire. Nous en appelons donc à votre arbitrage pour faire entendre notre situation." "Le Figaro" rappelle qu'un rapport sur les difficultés rencontrées par le secteur avait déjà été remonté au sommet de l’État en 2025, sans aucun effet. "Le constat autour des asymétries de concurrence avec les acteurs du numérique et du besoin d’un dépoussiérage de réglementations obsolètes fait un consensus éclatant dans la filière."
Avec des ressources publicitaires en baisse sur le linéaire, les groupes audiovisuels ont dû enclencher une dynamique de réduction des budgets. Les sociétés de productions sont elles aussi impactées, à l'image de Bangumi ("Quotidien") qui va se séparer d'une partie de ses effectifs. "Chez TF1, nous faisons notre possible pour ne pas réduire de manière significative nos coûts de grille afin de continuer à proposer des programmes de qualité gratuits à tous les Français. Mais combien de temps allons-nous tenir ?", interroge Rodolphe Belmer. Pour le dirigeant, plusieurs actions doivent être mises en place, à commencer par une simplification de la réglementation concernant la publicité, en vigueur depuis plus de 40 ans. "On se confronte aux Gafam, alors que l’État nous impose des règles qui ne s’appliquent pas à eux. Ça suffit !", rappelle le directeur général du groupe privé dans son courrier adressé à Sébastien Lecornu.
Parmi les pistes évoquées par le dirigeant de TF1, qui a déjà appelé récemment à une régulation plus importante de YouTube, "l’augmentation du volume publicitaire (14 minutes maximum par heure d’ici 2028, contre 9 aujourd’hui), la fin de la limite de 6 minutes de coupure pour un film, de l’espacement de 20 minutes entre deux coupures au sein d’un même programme, ou de l’interdiction des messages publicitaires dans les magazines d’information de moins de 30 minutes", cite "Le Figaro". Rodolphe Belmer réclame également la disparition de l’interdiction de diffuser des publicités pour les opérations de promotion de la grande distribution. "Le poids des Gafam dans la publicité est de 10 points supérieur en France par rapport à la moyenne des pays européens", a-t-il ajouté, à l'attention de certains interlocuteurs plus sceptiques sur la question, comme certains groupes de presse ou radio.
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