Zone de turbulences pour les fictions à France Télévisions. Le groupe public dirigé par Delphine Ernotte est sommé de réaliser plus d'une centaine de millions d'euros d'économies, dont 13 millions pour le département de la création. Une mission à laquelle s'attelle la directrice du périmètre, Anne Holmes, depuis plusieurs mois maintenant, et qui l'a poussée récemment à mettre un terme au développement d'une dizaine d'unitaires portant sur des sujets sociétaux.
Interrogée à ce sujet par "Satellifacts", Anne Holmes a énoncé deux raisons. "La première est éditoriale. Pendant des années, nous avons proposé beaucoup d’unitaires sociétaux qui avaient un impact important à l’antenne. Mais, sur france.tv, ils sont très peu repérés et très peu rediffusables, a-t-elle détaillé. Le recours à la télévision de rattrapage est pourtant aujourd'hui essentiel pour l'audience des programmes. L’impact sociétal peut être beaucoup plus fort sous forme de minisérie, comme 'L’Affaire Laura Stern' [diffusée en mars 2026 sur France 2, ndlr]. C’est un format davantage consommé sur la plateforme. J’ai donc développé la minisérie 'Mères en cavale' sur les mères protectrices, en 3 x 52’. Le 'streaming first' me permet justement d’hybrider les formats." L'autre aspect est purement économique : "Ce sont des films chers et nous n’avons plus les moyens de tout faire. Les 13 millions d’euros d’économies à réaliser sur la fiction nous obligent à prendre des décisions. Nous avons aussi un stock important d’unitaires à diffuser, jusqu’en 2028."
Il y a quelques jours, "Satellifacts" confirmait déjà ce recours aux miniséries, avec notamment la mise en production de "L'heure des femmes", consacrée à la journaliste radio Ménie Grégoire, avec Alexandra Lamy derrière la caméra. Les séries "classiques", en plusieurs saisons, pâtissent comme les unitaires des restrictions économiques imposées à France Télévisions. "Flair de famille" (avec Samuel Labarthe) et "Enquête Parallèle" (avec Florence Pernel) sont ainsi supprimées, après de nombreuses autres comme "A priori", "Tropiques criminels", "Face à Face" ou la collection "Disparition inquiétante". "La minisérie est aujourd’hui le format de référence. On peut faire bouger les lignes plus facilement selon la matière disponible, comme 'Le Roman de Marceau Miller', au départ en 6 épisodes, puis en 4, ou 'Mères en cavale', passée d’un unitaire à un 4 x 52’ puis un 3x52’", a analysé Anne Holmes à "Satellifacts". Cela donne aussi davantage de liberté sur la durée. Si je commande six épisodes de 52 minutes, mais que le producteur peut me livrer des épisodes de 47 ou 48 minutes, cela représente une économie significative. Quatre minutes de moins par épisode, c’est 24 minutes de tournage et de production en moins."