Delphine Ernotte a intégré la requête de Sébastien Lecornu dans son budget 2026 pour France Télévisions. Dans un courrier adressé à la présidente du groupe audiovisuel public, le Premier ministre lui avait demandé "un effort supplémentaire par rapport à la dotation initialement prévue", pointant notamment le curseur sur "la maîtrise des frais de fonctionnement". La dirigeante a compris le message et assure en retour, dans une lettre révélée par "La Tribune du dimanche", de son "engagement à mettre en œuvre les économies attendues" par le gouvernement. "Je tiens à vous confirmer que le Conseil d'administration réuni ce jour (vendredi, NDLR) a adopté le budget rectificatif de France Télévisions pour 2026, qui intègre la baisse supplémentaire de 15 millions d'euros de la dotation publique intervenue en janvier", écrit-elle dans ce courrier adressé à Matignon. L’objectif est de permettre "un retour à l’équilibre financier dès 2026", grâce à une réduction significative des charges d’exploitation.
Dans cette missive datée de vendredi, Delphine Ernotte détaille des économies de 2,3 millions d'euros sur les frais de mission et la division par deux des dépenses de taxi, à la suite de polémiques récentes sur ces frais. Sébastien Lecornu avait repris dans sa correspondance les éléments du rapport rédigé par la Cour des comptes, et regrettait "la progression dynamique des charges d’exploitation hors programmes du groupe public", passant de 464,6 millions en 2017 à 540 millions en 2024.
L'autorité avait tiré la sonnette d’alarme sur l’avenir de France Télévisions. Dans un rapport, l’institution présidée par Pierre Moscovici estimait que le groupe public est désormais "dos au mur", confronté à une situation budgétaire "critique" et jugée "non soutenable". "Le rapport de la Cour des comptes publié en septembre 2025 a mis en exergue un certain nombre de points d’amélioration dans le fonctionnement de l’entreprise qui seront tous pris en compte et donneront lieu à la mise en œuvre de mesures correctrices dans les mois qui viennent", a promis la patronne de France Télévisions. Elle précise également dans sa lettre que la négociation du démarrage d’un nouvel accord social le 1er février dernier "avec un calendrier pouvant s’étendre jusqu’à 27 mois". Cette discussion ouverte "porte notamment sur l’organisation du temps de travail, la rémunération et la modernisation des métiers pour s’adapter au numérique", précise la dirigeante.
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Par ailleurs, des "projets de transformation visant à optimiser nos moyens et à permettre un meilleur pilotage de la masse salariale ont été engagés", notamment dans "la fabrication [des] émissions d’information et (des) programmes", et des "mesures de gestion" permettront aussi "la réduction (des) charges", affirme-t-elle. Delphine Ernotte avait déjà assuré que des réformes étaient déjà engagées pour se plier à ces recommandations : vente d'actifs immobiliers, cession à TF1 de neuf matchs du tournoi des Six Nations de rugby, réduction de 5% des dépenses sur tous les programmes de divertissement, baisse des financements à la création audiovisuelle...
Ces ajustements budgétaires interviennent alors que le gouvernement a finalement renoncé à une réforme globale de l’audiovisuel public avant l’élection présidentielle de 2027, laissant France Télévisions engager seule une partie des transformations financières demandées par l’État.

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