"Nous avons constaté une forte convergence des points de vue dans le traitement des principaux thèmes abordés". Martin Ajdari, président de l'Arcom, a expliqué ce lundi 15 juin pourquoi l'instance avait décidé de mettre en demeure CNews, dans une décision datée du 12 juin. Le régulateur de l'audiovisuel a en effet épinglé CNews pour la "prédominance" sur la chaîne dans le giron de Vincent Bolloré d'un "même courant de pensée et d'opinion" sur la sécurité, la guerre en Ukraine, l'immigration ou l'islam, dans sa décision rendue publique ce lundi.
L'Arcom, qui répondait à une saisine de l'organisation Reporters sans frontières (RSF) en janvier, met en demeure CNews de respecter davantage l'"expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion", sous peine d'ouvrir la voie à de possibles sanctions, notamment financières, à dix mois de l'élection présidentielle, rappelle l'AFP. La mise en demeure est en effet la dernière étape avant la sanction financière.
Avant de rendre cette décision, les services de l'Arcom ont visionné 168 heures des principales émissions de CNews, comme "L'Heure des Pros", l'émission quotidienne présentée par Pascal Praud, "La Grande Interview", "Morandini Live" ou "Punchline" présentée par Laurence Ferrari, diffusées au mois de mars 2025, la période visée par RSF. Résultat, l'Arcom constate "la prédominance d'un même cadre d'interprétation de l'actualité, marqué par une focalisation, à travers les questions de sécurité intérieure, sur la menace que représenteraient l'immigration et l'islam pour la société française, la mise en cause, notamment sur ces questions, de l'action de l'exécutif et de l'Union européenne et une forte défiance à l'égard de l'institution judiciaire, outre la critique systématique du parti La France Insoumise" de Jean-Luc Mélenchon.
"L'Arcom relève également que l’organisation des débats, en particulier le rôle prépondérant des animateurs, dont le point de vue structure fréquemment l’ensemble des échanges, contribue à ce traitement univoque de l’actualité. À l’inverse, les intervenants proposant une analyse contraire, différente ou plus nuancée disposent d’un temps d’expression plus limité ou voient leurs arguments écartés sans débat contradictoire", ajoute l'instance dans un communiqué. Contactée par l'AFP, CNews n'a pas souhaité réagir.
C'est la première fois que le régulateur se prononce sur la question du pluralisme des courants de pensée et d'opinion, un champ plus large que celui des temps de parole politique. Cette compétence avait été ajoutée en 2024 par une décision du Conseil d'Etat, déjà saisi à l'époque par RSF. Avec la campagne présidentielle de 2027 en ligne de mire, Martin Ajdari a en outre annoncé que l'Arcom se doterait à la rentrée d'une veille sur le respect du pluralisme sur les quatre chaînes info de la TNT (BFMTV, CNews, LCI, franceinfo).
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2