À quoi ressembleront les grilles des chaînes de France Télévisions à la rentrée ? Pressée par le gouvernement de faire des économies, la présidente du groupe public Delphine Ernotte a déjà procédé à quelques ajustement à la rentrée, en actant déjà la suppression de certains programmes, qu'il s'agisse de fictions ("A priori", "Disparition inquiétante") ou de programmes de flux ("Duels en familles", "Bel & Bien ensemble"). Le groupe France Télévisions va-t-il également prendre en compte les préconisations du député ciottiste Charles Alloncle, qui, après la commission d'enquête sur la neutralité du service public, avait notamment encouragé l'organisation à supprimer certains programmes, dont des jeux ?
Invitée le 16 juin de l'émission d'Europe 1 "Culture Médias", la productrice et directrice de Banijay France Alexia Laroche-Joubert a livré son avis sur ces questions. D'abord au sujet des économies demandées par l’État. "Il ne faut pas que [France Télévisions] rogne sur les programmes. Sa première mission, c'est de proposer des programmes de télévision à ses téléspectateurs. Si on attaque les programmes, d'une certaine façon on ne contente pas ces téléspectateurs. Il y a d'autres moyens, à mon avis, de trouver des économies. [...] Il faut toujours faire attention de préserver quand même son bassin d'audience. Nous, on produit énormément de jeux. Les jeux sont une clé d'entrée, par exemple, pour rentrer dans France Télévisions. C'est populaire, ça marche très bien, c'est adapté au service public : soit on retrace les plus grand tubes pour 'N'oubliez pas les paroles', soit c'est de la culture générale, etc. Il faut préserver cela", a dans un premier temps affirmé Alexia Laroche-Joubert, dont la société produit de nombreuses émissions pour le service public.
Interrogée ensuite sur les préconisations de Charles Alloncle, qui demandait notamment de privilégier la production d'émissions en interne, la productrice s'est montrée sereine. "La production en interne, pour nous c'est un non-sujet puisqu'on est propriétaire de ce que l'on appelle 'la marque', donc ils ne peuvent pas le produire en interne. Et en plus ce qui a été dit, même par les équipes de France Télévisions [...], internaliser ce type de programme [...], ça coûterait plus cher, a-t-elle précisé, avant de revenir sur la proposition du député UDR de réduire le nombre de jeux. Sa réflexion sur les jeux, je vous l'ai dit, les jeux c'est une clé d'entrée. Ce serait une erreur stratégique ! Il y a déjà Arte, laissons à France Télévisions son côté populaire avec des propositions qui sont adaptées à tout public." Selon Alexia Laroche-Joubert, le service public doit bien garder des programmes de divertissement. "Pour moi, c'est une méconnaissance des attentes du public. Et quand vous n'aurez plus ces gens qui rentrent par cette voie là, ils ne resteront plus non plus pour les autres programmes. Et quand on voit la puissance de 'N'oubliez pas les paroles', qui ne coûte rien au service public et qui rapporte même au service public car c'est là qu'on fait la publicité, c'est aussi un énorme couloir de montée d'audience pour le JT. Tout ça, c'est comme une histoire de dominos : vous enlevez un domino, tout s'effondre", a-t-elle conclu.

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