Le rapport de Charles Alloncle sur l’audiovisuel public n’est pas adopté, mais il commence à fuiter de partout. Une partie de la presse a ainsi révélé vendredi soir les 80 recommandations du député UDR de l'Hérault "imprimées dans l'urgence" pour aider le groupe dirigé par Delphine Ernotte à affronter les années à venir. L’un des objectifs majeurs de ce travail articulé en quatre chapitres est d'économiser un milliard d’euros par an pour le rediriger vers la conservation du patrimoine et le désendettement de l'Etat. Pour cela, le protégé d'Eric Ciotti propose la fusion de France 2 et France 5 (conduisant de fait à la suppression pure et simple de la Cinq), de réduire de trois quart le budget des jeux et divertissements de France Télévisions ou encore de réduire du tiers le budget alloué au service des sports du groupe, diffuseur des plus grosses compétitions sportives françaises. La chaîne jeunesse France 4 serait également en grand danger.
Selon les informations rapportées par "Le Parisien" et "Télérama", Charles Alloncle appelle également à un rapprochement entre France Info et France 24. Concernant la radio, il suggère de supprimer Mouv', l'antenne de Radio France dédiée à la musique urbaine. Il propose aussi la suppression d’une des formations musicales de Radio France sur les quatre que compte l’entreprise. Autre préconisation surprise : l’interdiction des émissions de téléréalité sur l’ensemble de l’audiovisuel public. "Une disposition perçue comme ciblant indirectement certains programmes comme 'Drag Race', particulièrement visé par le rapporteur", pointe "La Correspondance de la presse".
Dans son texte, le député souhaite également des changements sur la gouvernance de l'audiovisuel public. Il souhaite s'en remettre aux instances politiques, via le président de la République après avis du Parlement, pour ces nominations. Soit un retour au mode de désignation instauré sous le mandat de Nicolas Sarkozy en 2009, qui a pris fin avec la loi de 2013 sur l’indépendance de l’audiovisuel public réservant cette prérogative au CSA. Depuis 2013, c’est l’Arcom qui nomme les dirigeants des différentes entreprises publiques.
L'élu veut également interdire le passage dans des sociétés de production d’anciens dirigeants de l’audiovisuel public jusqu’à trois ans après leur départ. Dans la même idée, Charles Alloncle suggère que les dirigeants de l’audiovisuel public soient soumis au contrôle de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, déjà chargé de veiller aux conflits d’intérêts pour les élus des grandes villes et membres du gouvernement.
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Contacté par l’AFP, le député ciottiste a déploré de son côté que "des fuites (soient) organisées par des députés, alors que c’est totalement interdit", plusieurs médias ayant dévoilé ses préconisations vendredi. Se refusant à confirmer ou infirmer les mesures, il a estimé "légitime qu’il y ait une réflexion sur l’optimisation" des chaînes de France Télévisions, en ajoutant qu'"il s’agit de préconisations et pas d’injonctions".
Le rapport et ses préconisations doivent être soumis au vote des 30 députés membres de la commission d’enquête lundi à 14h30, après plus de quatre mois de travaux sous haute tension. Un vote favorable est nécessaire pour que le rapport soit rendu public une semaine plus tard. En cas de suffrage négatif, le texte ne pourra pas être rendu public, et les auditions et leurs comptes-rendus devront être effacés.

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