Le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne de CNews continue de faire parler. Entre ceux dont la nouvelle fait grincer des dents et d'autres qui trouvent des excuses à l'animateur définitivement condamné pour corruption de mineurs, Nelson Monfort a choisi son camp. Au micro de "Mediapart", l'ancien journaliste sportif de France Télévisions a pris la défense de son confrère, dont la situation ne semble pas le déranger. "Lorsque j’ai participé à ses émissions, ça se passait plutôt bien. Évidemment ce qu’il a fait, je ne vais pas vous dire que c’est bien, mais je pense qu’il faut séparer l’homme de l'œuvre", a expliqué dans un échange filmé le polyglotte, se voulant pourfendeur du "pardon des offenses" selon sa philosophie.
Relancé par son interlocutrice, qui lui a rappelé les faits pour lesquels le présentateur du "Morandini Live" avait été condamné, l'actuel commentateur des "Apprentis champions" ne s'est pas laissé démonter. "Ça c’est une véritable offense, je ne vais pas vous dire le contraire. Mais comment dire… C’est une situation très désagréable. Vous n’y étiez pas, je n’y étais pas. Dans la Bible, on prêche le pardon des offenses. Et est-ce que c’est arrivé depuis ? Je ne pense pas", a-t-il confié au micro du site d'investigation.
Cette intervention prend ainsi le contre-pied de celle improvisée de Sonia Mabrouk dans sa propre émission, mardi matin. Interpellée sur le sujet par son invité Jérôme Guedj, l'intervieweuse politique s'était montrée beaucoup moins conciliante envers son collègue, tout en n'enfonçant pas son employeur. "C'est la décision de CNews. J’ai beaucoup de respect pour ma direction, ma hiérarchie, mais en aucun cas, cela ne vaut de cautionner cela. En aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d’une gravité réelle", avait-elle appuyé. Avant de prendre ses distances : "Je ne veux pas de chasse à l’homme. Je ne suis pas là pour abattre quelqu’un. Ce n’est pas ma mentalité (…) Mais sur ce sujet, il n’y a pas d’ambiguïté à avoir. Ce n’est pas à géométrie variable. Ce n’est pas négociable. La justice française est passée".
Dans un communiqué, le syndicat autonome de Canal+, +Libres, s'était désolidarisé de la décision de sa direction. "Nous apprenons aujourd'hui la décision du groupe Canal+ de maintenir Jean-Marc Morandini à l'antenne, malgré l'arrêt de la Cour de cassation confirmant sa condamnation pour corruptions de mineurs. Avant tout, nous avons une pensée pour les victimes de Jean-Marc Morandini. Nous leur apportons notre soutien et souhaitons qu'elles sachent que nous regrettons profondément la décision prise par le Groupe", pouvait-on lire. Plusieurs salariés de la chaîne d'information avaient également raconté, anonymement, leur colère dans les colonnes du "Parisien", et espèrent une mobilisation massive pour faire bouger la situation.

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