Ce jeudi 31 juillet 2025, Ian Brossat, sénateur et candidat à la mairie de Paris (Parti communiste) était l'invité d'Europe 1 pour réagir à l'actualité. La veille, Sciences Po Lille avait annoncé l'annulation de l'inscription d'une étudiante originaire de Gaza, arrivée en France début juillet dans le cadre d'un programme diplomatique. La raison : la découverte d'anciens messages antisémites attribuées à la jeune femme sur les réseaux sociaux.
Parmi les publications, un appel à filmer les exécutions d'otages en haute qualité pour les diffuser dans les médias occidentaux, publié deux jours après l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, ainsi qu'un partage d'une vidéo montrant Adolf Hitler, accompagnée d'un message appelant à "tuer tous les Juifs". L'étudiante, qui devait intégrer Sciences Po Lille à la rentrée grâce à une bourse du gouvernement français, fait désormais l'objet d'une enquête pour apologie du terrorisme.
"L'antisémitisme doit être combattu pied à pied (...) il faut se battre fermement contre tous les propos ou les actes antisémites. Ça vaut pour tout le monde. Ça vaut en l'occurrence pour cette étudiante", a réagi le sénateur par téléphone, en direct sur Europe 1.
"Ça vaut aussi quand il s'agit d'une députée du Rassemblement national, Caroline Parmentier par exemple, qui a tenu des propos racistes, antisémites, homophobes pendant des dizaines d'années dans un journal d'extrême droite. Et malheureusement, de Caroline Parmentier, on en parle peu. Et donc, d'une certaine manière, j'ai le sentiment d'un deux poids deux mesures. L'antisémitisme, il faut le combattre partout. D'où qu'il vienne, et ça vaut pour tout le monde."
Ian Brossat fait ici référence aux révélations de "Médiapart" mi-juin, confirmées par Franceinfo, selon lesquelles la députée RN du Pas-de-Calais Caroline Parmentier a par le passé tenu, sur un ancien compte Facebook, des propos racistes, homophobes, et antisémites, en lien avec ses écrits dans le journal d'extrême droite "Présent". "Ça vaut pour tout le monde, pour les députés du Rassemblement national que vous citez, pour les députés de La France insoumise également, lorsqu'ils sont concernés", a réagi le journaliste, qui tente alors de revenir sur le sujet initial.
"Je voudrais quand même dire une chose. Caroline Parmentier, les propos qu'elle a tenus, l'éloge qu'elle a fait de Pétain, l'éloge qu'elle a fait de Léon Degrelle qui est un nazi belge, il n'en a jamais été question sur votre antenne, jamais", a insisté le sénateur. "Les propos de Caroline Parmentier qui ont été révélés par 'Mediapart', jamais vous n'en avez parlé", a-t-il ajouté. "Donc je veux bien qu'on parle matin, midi et soir de cette étudiante. Mais la responsabilité qu'on a quand on est députée, elle est décuplée. Et donc il faut parler de tout le monde, y compris de cette députée d'extrême droite dont vous n'avez jamais parlé sur Europe 1", a-t-il martelé. "Et vous en parlez Ian Brossat, et vous faites bien d'en parler", a balayé le journaliste, avant de le relancer sur l'étudiante. Puremédias vous propose de découvrir l'extrait ci-dessus.
Mais son invité d'insister : "La ligne éditoriale d'Europe 1 fait que vous parlez de cette étudiante palestinienne et vous ne parlez jamais de propos d'extrême droite tenus par des députés". "Je ne suis pas sûr que cette discussion intéresse réellement nos auditeurs (…)", a rétorqué le journaliste. "Posez-vous un certain nombre de questions. Qu'est-ce qui fait que vous n'en avez jamais parlé ?", a poursuivi Ian Brossat. "Vous souhaitez faire le débat à ma place ?", a ironisé le journaliste. "J'ai un certain nombre de questions à vous poser, dont celle-ci." "Il me semble que c'est à moi de vous poser des questions." "Vous en avez parlé, le message est passé. Pensez-vous que cette étudiante doit être expulsée ?", a repris une nouvelle fois l'animateur.
"Elle ne mérite pas l'asile et quand on tient des propos antisémites, cela doit évidemment engendrer une sanction. Mais une fois de plus, ça vaut pour tout le monde. Et donc, je vous pose la question, est-ce que Caroline Parmentier doit être exclue de l'Assemblée nationale pour avoir tenu des propos antisémites ?", a insisté une nouvelle fois son invité. "Alors, vous souhaitez faire l'interview à ma place, Ian Brossat ?" "Non, mais je pense qu'il y a des questions qui se posent. Et je pense qu'effectivement, il y a un deux poids deux mesures chez vous qui pose question", conclut-il.

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