Le ver est dans le fruit pour Rodolphe Belmer. Et, pour le patron de TF1, le mal se nomme YouTube et dérégule totalement le marché de l'audiovisuel. Le dirigeant avait qualifié de "passager clandestin" la plateforme américaine depuis le festival Séries Mania, à Lille. Il a réitéré ses propos dans un entretien accordé à "Politico", appelant à établir "un niveau de compétition égal" entre les services comme YouTube et les acteurs traditionnels. Parmi les bons élèves, le soutien inattendu de France Télévisions cite bien sûr les chaînes de télévision, mais aussi les plateformes de streaming (Netflix, Prime Video...), longtemps décriées, mais qui désormais "sont dans le même bateau que nous”. Un amarrage dans lequel n'est pas monté YouTube, cible de choix pour un Rodolphe Belmer remonté. “Ça crée une situation qui devient intenable pour les diffuseurs", s'agace celui qui est parti en croisade contre le site d'hébergement et ses très bas niveaux de "taxation, d'obligation et de responsabilités".
"Ils ont un modèle d’hébergement, donc ils ne subissent pas les régulations publicitaires qui pèsent sur nous et qui sont multiples”, synthétise-t-il. "Ils n’ont pas de coûts de programme, ils ne préfinancent pas les œuvres, et par conséquent, ils ont une base de coûts fixes qui est très faible et qui leur permet de pratiquer des coûts publicitaires qui sont très bas. C’est une concurrence qu’on ne sait pas suivre, parce que, nous, on doit investir dans les programmes et l’information", dénonce le patron en symbiose avec Ted Sarandos, son homologue de Netflix. "YouTube est un concurrent direct de la télévision", avait souligné ce dernier.
Pour lutter contre cette rivalité déloyale et parvenir à un “champ de concurrence équitable”, Rodolphe Belmer a bien des idées, dont celle d'imposer à la plateforme de Google des obligations d’investissement dans la création européenne. "Ce n’est pas à moi de faire le choix pour YouTube et pour les autorités publiques. Mais, par exemple, on voit que YouTube est très consommée par les jeunes de moins de 15 ans. Ils sont devenus très importants dans l’animation et cette industrie s’en trouve très bouleversée. Ce ne serait donc pas idiot qu’une partie de leurs obligations se porte sur l’animation", avance-t-il. Un porte-parole de son nouvel ennemi l'a renvoyé dans les cordes en rappelant que YouTube "n'est ni un producteur, ni un éditeur de contenus, mais une plateforme de partage de vidéos”. A ce titre, elle n’a “pas d'obligation de préfinancement”, ajoute-t-il.
L'homme d'affaires espère également un rapprochement avec Netflix, longtemps considérée comme sa bête noire. "Les programmes de TF1 sont sous-consommés par les abonnés Netflix. Donc là, ma seule option est de trouver un partenariat avec eux pour aller leur exposer mes œuvres et mon information”, justifie celui qui a mis en place un deal avec la société au N rouge. A compter de cet été, les programmes à la demande de la Une seront proposés aux abonnés de la plateforme.
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