Les acteurs majeurs de France Télévisions continuent d'être convoqués à l'Assemblée nationale. Après Léa Salamé, Elise Lucet ou encore Laurent Delahousse, c’était au tour des journalistes Samuel Étienne et Hugo Clément d’être entendus par les députés, ce mardi 25 février, dans le cadre de la commission d'enquête sur le fonctionnement de l'audiovisuel public. Les deux hommes n'ont pas été épargnés par le rapporteur de ce travail parlementaire, Charles Alloncle, au ton toujours agressif. Concernant l'animateur de "Sur le front", le député ciottiste a voulu en savoir davantage sur son réel investissement écologique. Le reporter du service public utilise en effet son expertise et sa notoriété pour sensibiliser les téléspectateurs aux défis environnementaux. "J’ai complètement arrêté de prendre l’avion pour mes déplacements personnels. Je m’applique cette discipline quitte à ce que ce soit galère, ce n’est pas un petit geste car quand vous prenez l’avion régulièrement, c’est la chose qui pèse le plus lourd", avait par exemple souligné le militant dans le magazine "Elle".
Or, Charles Alloncle a voulu mettre son interlocuteur face à ses contradictions en l'interpellant sur les frais d'avions pour les besoins de son émission consacrée à l'écologie. "Sur les billets d’avion, il y a à peu près une centaine de milliers d’euros qui a été facturée dont notamment près de 20.000 euros de vols internes. On ne trouve aucune facture qui concerne des dépenses de train", s’est étonné le rapporteur de la commission, demandant au concerné d'expliquer ce décalage entre "une exigence personnelle de ne pas prendre l’avion" et "plus d’une centaine de milliers d’euros qui concernent notamment des dépenses d’avion".
"Il y a évidemment une différence entre ce que j’essaye d'appliquer dans ma vie privée, notamment pour mes vacances, en réduisant le plus possible le recours à l’avion et ce qui est rendu obligatoire par un travail d’enquête et par une émission d’investigation qui doit notamment remonter des filières internationales", a rétorqué Hugo Clément, citant notamment sa dernière émission ayant mené plusieurs membres de son équipe jusqu’au Ghana. "On envoie nos journalistes à l’étranger pour démontrer une situation sur laquelle on enquête", a-t-il ajouté. La recrue de "Quelle époque!" a également précisé qu'une grande majorité des trajets en France s'effectuaient en train.
Mais ces arguments se sont révélés insuffisants pour Charles Alloncle, lequel s'est attardé sur les coûts de transports en taxi. "Dans l’audit que France Télévisions m’a transmis, on voit que pour cette même émission vous avez, semble-t-il, dépensé 13 fois plus de frais de taxis à Paris que le montant qui avait été validé au devis. Ça représente une augmentation de 1200% de vos frais de taxi parisien. [...] Comment vous expliquez cette augmentation aussi importante alors que la thèse et le sens de votre émission est d’aller rencontrer des gens qui se battent pour défendre la planète ?", s'est-il interrogé. Là encore, le journaliste et producteur s'est défendu, plaidant des problématiques de logistique : "On ne peut pas imposer à nos équipes d’y aller en métro ou d’y aller à vélo, parce que ce n’est tout simplement logistiquement pas possible la plupart du temps". Son modèle tend néanmoins vers l'exemplarité : "On essaye d’y être attentifs et on essaye, le plus possible, de réduire notre bilan environnemental".

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