Mardi 24 février, ce sont deux personnalités bien connues des téléspectateurs du service public qui étaient entendues dans le cadre de la commission d'enquête sur la neutralité du service public : Samuel Etienne et Hugo Clément. Ce dernier a été notamment interrogé par le rapporteur Charles Alloncle sur le coût des trajets en avion générés pour son émission "Sur le front", avoisinant selon lui les 20.000 euros. Un chiffre expliqué ce 27 février par Winter Productions, la société d'Hugo Clément et Régis Lamanna-Rodat qui produit le programme pour France Télévisions.
Lors de son audition du mardi 24 février, Hugo Clément avait également été interpellé par la députée La France Insoumise Ersilia Soudais. Cette dernière avait notamment reproché au journaliste son débat avec Jordan Bardella dans le cadre d'un évènement organisé par le journal "Valeurs Actuelles" en 2023. "Est-ce que cela vous semble compatible avec la mission de service public à laquelle vous contribuez ?", avait interrogé la députée, demandant également au journaliste s'il avait reçu un cachet pour sa participation à ce débat. "Je n'ai rien touché, pas un centime, évidemment, avait rétorqué mardi en commission le journaliste. Vous savez, cette période nous montre que le débat, l'échange, la confrontation d'idées, de points de vue est toujours préférable à la violence, au lynchage, au déchainement de violence politique contre les gens qui ne pensent pas comme vous. [...] Je défendrai toujours ce dialogue et cette capacité à se parler". Un argumentaire qui n'avait visiblement pas convaincu la députée puisqu'elle avait retweeté la séquence juste après l'audition, accompagnée de cette citation : "Hugo Clément assume sa réhabilitation de l'extrême droite et reprend des éléments de langage largement utilisés pour taper sur LFI : "violence", "lynchage", "logique sectaire"... Mais à part ça, il est apartisan !".
Ce message a été le point de départ de plusieurs échanges, depuis, entre le journaliste de France Télévisions et l'élue. "Non, madame Soudais, comme je vous l’ai expliqué, j’assume simplement de m’adresser à tous les camps politiques et de privilégier l’information à l’affrontement. Je continuerai à faire mon travail et à placer les enjeux environnementaux au-dessus des clivages partisans", a d'abord répondu Hugo Clément, en réponse aux accusations d'Ersilia Soudais. "Oui, M. Clément, débattre avec des climato-sceptiques et des pro-pesticides, ça va vraiment faire avancer le débat ! Mais comme vous l'avez si bien dit en fin d'audition, vous avez une entreprise et votre objectif, c'est de 'gagner de l'argent', alors au diable les convictions !", a répondu cette dernière. "Madame Soudais, comme je l’ai expliqué pendant l’audition, je suis en effet fier d’avoir créé mon entreprise, qui emploie désormais 60 personnes à temps plein. Je suis fier de participer à l’activité économique de notre pays, fier de créer de l’emploi, fier de payer des impôts pour permettre le fonctionnement de l’État et fier de gagner de l’argent grâce à mon travail, moi qui n’ai hérité de rien, a répondu l'ancien journaliste de "Quotidien". L’objectif de toute entreprise privée est de faire des bénéfices, pour pouvoir investir, prendre des risques, se planter, recommencer. Cela n’empêche pas de produire des contenus de qualité, bien au contraire. L’indépendance financière est le meilleur moyen d’être réellement libre."
L'échange aurait pu s'arrêter là, mais a été de nouveau alimenté par un message d'Ersilia Soudais. "Quand on a comme actionnaire Xavier Niel, qui s'est donné pour mission de contrôler un maximum de médias et qui intimide les journalistes qui lui déplaisent, on évite de parler de probité, de pureté et d'indépendance. Ça évite de se ridiculiser". "Je prends le temps de vous répondre car j’ai du respect pour la fonction de député, a alors répondu Hugo Clément avec une point d'agacement, mais si vous aviez écouté pendant mon audition (ce serait quand même le minimum d’écouter les réponses des personnes que vous convoquez), vous auriez entendu que [...] je suis aujourd’hui le seul actionnaire de ma société Winter Productions, avec mon associé Régis Lamanna-Rodat [...]. Xavier Niel, et d’autres investisseurs, sont actionnaires minoritaires de mon média Vakita, qui n’est pas lié à Winter Productions. Vous savez, il n’y a rien de 'sale' ou de 'problématique' à avoir des investisseurs dans une entreprise. Au contraire, c’est souvent grâce à ces investisseurs que les projets peuvent voir le jour et que les entreprises peuvent grandir, réussir, embaucher des salariés dans de bonnes conditions, payer des impôts, et donc participer au fonctionnement de l’État, notamment à la rémunération perçue par les députés.", a-t-il conclu, mettant fin à cette partie de ping-pong. En tout cas, pour le moment.

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