Ancienne ministre de la Culture, animatrice et chroniqueuse à la télévision et à la radio, et toujours sociétaire des "Grosses têtes" sur RTL, Roselyne Bachelot connaît bien le monde des médias. Elle était donc la parfaite invitée pour ce 3e numéro de "Puremédias, l'hebdo", l'émission de décryptage des médias présentée par Virginie Guilhaume tous les dimanches à 12h sur T18. Elle était accompagnée cette semaine du journaliste média Rémi Jacob, de "La tribune du dimanche".
Tout d'abord invitée à réagir à l'actualité de la semaine, Roselyne Bachelot a été interrogée sur la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public. Elle-même y a été auditionnée le 4 février dernier, en tant qu'ancienne ministre de la Culture (juillet 2020-mai 2022). Comment a-t-elle vécu ce moment ? A-t-elle été chahutée par Charles Alloncle, député ciottiste rapporteur de cette commission à l'origine de plusieurs échanges très musclés depuis le début des auditions ?
"C'est assez difficile d'être rugueux avec moi parce que la rugosité revient en retour. (rires) Il a été extrêmement courtois à mon endroit. J'ai exprimé avec force des opinions qui ne sont pas les siennes", a-t-elle commencé avant de poursuivre : "Mais y a des choses qui sont déplacées, quand par exemple il interpelle Rima Abdul Malak (ministre de la Culture entre mai 2022 et janvier 2024, ndlr) en lui posant une question soupçonnant des liens d’intimité avec Delphine Ernotte (...), moi je l'ai repris de volée en disant : 'Ce n'est pas convenable de faire des procès d’intention'. Et c'est ça qui est très gênant", a-t-elle dénoncé. Roselyne Bachelot déplore "une sorte d’interrogatoire récurrent. On revient toujours sur les mêmes questions alors que l'interrogé a répondu, avec toujours ces sous-entendus discutables".
Sur la commission en elle-même, elle estime qu'une commission d'enquête, "c'est toujours utile". "Je suis une vieille parlementaire, j'ai participé à des commissions d’enquête comme personne auditionnée et comme personne faisant partie des questionneurs", a-t-elle rappelé, avant de faire part de ces critiques envers la commission présidée par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons). "Ce qui est dommage dans cette commission d'enquête, c'est qu’elle se noie dans des détails. Le monde de la communication vit un changement des usages qui est cataclysmique. Qu'est-ce que sera la télévision dans 10 ans ? Ce ne sera pas le paysage dont on discute actuellement. Je trouve dommage que l'on passe à côté de ce débat qui est le vrai débat sur l’audiovisuel public, que je défends de façon acharnée, car c'est un élément d’équilibre démocratique absolument indispensable", a plaidé l'ancienne ministre. Lors de son audition, elle avait d'ailleurs déclaré : "Remettre en cause l’audiovisuel public, c’est remettre en cause la première source de financement de la création française qui apporte un soutien stratégique indispensable à la vitalité de la culture française".
"Ce n'est pas une commission inutile c'est une commission qui rate sa cible", conclut Roselyne Bachelot sur le plateau de "Puremédias, l'hebdo".

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