"On m'a viré comme une merde par des wokistes parce que j'étais un homme blanc de plus de 50 ans". Même plus de 6 ans après son éviction de France Télévisions, Patrick Sébastien n'a pas digéré la fin de son aventure sur le service public en 2019. Invités sur divers plateaux de télévision, des "Grandes gueules" sur RMC à "Tout beau, tout n9uf" sur W9, l'ancien animateur star qui enchaîne désormais les tournées avec ses chansons paillardes devant un public fan de son franc-parler, a toujours envie de régler ses comptes avec la direction de l'audiovisuel public.
Sur CNews le 6 janvier dernier, il avait même demandé à être entendu par la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. "J'attends qu’ils me convoquent. Cela me ferait très plaisir d’aller m’expliquer parce que j’ai beaucoup de choses à faire, à dire surtout mais, apparemment, ils ne me convoquent pas donc, peut-être qu’il y a des choses qu’ils n’ont pas envie d’entendre... Mais je vous promets que j’ai des choses très claires et très nettes à dire sur Madame Ernotte et sur tout ce système", avait-il lancé.
Deux mois plus tard, "Complément d'enquête" lui consacre un portrait intitulé "Patrick Sébastien : profession provocateur !", qui sera diffusé ce jeudi 12 mars à partir de 23h sur France 2. "Ça ressemblait un peu à un traquenard. Il y avait 50% de positif et 50% de négatif, où les 50% de positif, c’est des témoignages de gens à visage découvert, et les négatifs, la plupart, c’étaient des gens floutés, etc. où tu peux faire dire ce que tu veux à n’importe qui", a dénoncé Patrick Sébastien, appelé par Gilles Verdez sur le plateau de "TBT9", juste après avoir répondu aux questions de Tristan Waleckx sur les fauteuils rouges du magazine de France 2. "Le but est de me nuire. (...) Ils essaient de me démonter. Le fait que je parle politique n’est pas innocent là-dedans, le fait que ce soit France 2, Madame Ernotte...", a-t-il ajouté.
Des insinuations démontées par l'équipe du magazine de France 2. "C'est un portrait qui n'est ni à charge, ni à décharge. Ce n'est pas une hagiographie ni une entreprise de démolition", a balayé Tristan Waleckx, présentateur du programme, lors de la présentation du reportage à une poignée de journalistes dont Puremédias. "En proportion, sur les 14 intervenants qui apparaissent dans le montage final, il y en a 8 qui sont des très proches de Patrick Sébastien, des amis, clairement des soutiens", ajoute Julien Daguerre, qui a réalisé l'enquête.
Surtout, le sujet qui évoque aussi bien la carrière médiatique de l'homme de 72 ans que ses ambitions politiques mais aussi son dérapage de l'été dernier lors d'un spectacle au Cap d'Agde (il est accusé d'avoir reçu une fellation sur scène, ndlr), a été lancé bien avant ses déclarations sur la commission d'enquête. "Nous, notre agenda, il est journalistique. On a démarré l'enquête fin août. A l'époque, il n'était absolument pas question d'une commission d'enquête. De la même manière que notre sujet sur CNews, on avait lancé notre reportage en toute indépendance. Le contexte autour, évidemment, on l'écoute, on y est sensible. Mais on est obligé de continuer à faire notre travail et à garder notre agenda sans être perturbé", explique Tristan Waleckx.
Comme le raconte Julien Daguerre, le point de départ de ce portrait date de l'été dernier : "On a lancé ce sujet avec l'équipe fin août, début septembre, parce que c'était le moment justement où il commençait à faire état de ses ambitions. Et donc on s'est dit, ça peut être effectivement intéressant, dans ce contexte pré-présidentiel, de s'intéresser à une personnalité qui est dans le cœur des Français, qui est un personnage qui fait partie du patrimoine, et qui tout d'un coup décide, semble-t-il, de vouloir jouer un rôle ou de se lancer dans un mouvement, 'Ça suffit', donc on s'est dit que c'était intéressant de gratter là-dessus".
"Ce n'est pas, contrairement à ce qu'il a pu dire chez Cyril Hanouna ou autres, une commande de quiconque à France Télévisions. On a lancé en toute indépendance, avec la direction de l'information, le sujet. Personne ne nous a demandé de le faire. La diffusion n'a pas été ni avancée, ni reculée. Heureusement que l'on tient ça. En interne, personne ne nous a dit : "Il faut dire ça, il ne faut pas dire ça, il ne faut pas interviewer untel'. On a travaillé de manière totalement indépendante", a martelé Tristan Waleckx.

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