"La bataille culturelle selon Matthieu Pigasse". Le propriétaire de Radio Nova et des "Inrockuptibles" était reçu dans "Quotidien", ce mardi, pour partager son avis sur la lutte qu'il mène contre Vincent Bolloré et les médias dans son giron. Mais, Yann Barthès n'a pas manqué d'évoquer l'article de "Libération" paru il y a une semaine, qui rapportait un état de malaise dans sa holding "Combat", en raison notamment du poste à hautes responsabilités occupée par sa supposée compagne, Wassila Meddas. Au cours de son enquête, le quotidien a recueilli plusieurs témoignages de salariés interloqués par le parachutage de cette "nouvelle directrice des marques", "au CV inconnu dans le monde des médias". À cette promotion surprise s'ajoute également un management jugé "brutal, humiliant et autoritaire" au sein du groupe, et dénoncé par plusieurs collaborateurs.
"Ce type d'article, c'est la rançon du succès. Et le succès suscite des jalousies et parfois, il révèle des tensions ou des frictions", a répondu le banquier d'affaires lorsque l'animateur de TMC lui a proposé de débriefer cette enquête. "Dans le cas de Combat, le principe qui est le nôtre, c'est la liberté d'expression externe, il suffit d'écouter nos antennes", a-t-il ensuite argué, détournant le sujet sur Akim Omiri, présentateur de l'émission "La Riposte" sur Radio Nova. "Il fait l'objet d'une campagne indigne et injuste, et il a tout mon soutien", souligne Matthieu Pigasse, à l'origine du recrutement de cet humoriste signalé pour ses "blagues jugées homophobes, antisémites ou misogynes".
"Mais la liberté d'expression est aussi interne, et vous avez des débats, des discussions, des éclats de voix dans toutes les rédactions. Ce qui compte c'est de les écouter, de les entendre, de respecter tous et toutes, y compris les femmes, jeunes, issues de la diversité et qui ont des responsabilités", a défendu le millionnaire, qui regrette cet acharnement autour de Wassila Meddas. Cette dernière aurait installé un "climat de pression et d’humiliations verbales", selon une salariée de Combat contactée par "Libération" et témoin de "propos très dévalorisants envers certains collaborateurs, les qualifiant par exemple de 'nuls' ou affirmant qu’ils 'ne savent rien faire'", quand il ne s’agit pas de "menaces de renvoi" formulées contre d’autres salariés.
"On est à la fois dans l'entre-soi et le suicide collectif alors que le monde brûle", a imagé l'actionnaire de Mediawan. "Je pense qu'on ferait mieux que l'on s'occupe du monde qui brûle, ensemble. Au fond, l'appel à l'union que j'ai poussé pour la gauche marche aussi pour les médias de gauche. Je trouve très dommageable ce genre de règlement de comptes", déplore Matthieu Pigasse, qui indique ne pas avoir été sollicité "personnellement" par nos confrères, au contraire de "salariés cités anonymement" qui ont dénoncé les tensions autour de l'humour de l'une des émissions phares de Radio Nova. "Libération" indique pourtant dans son papier que le fondateur de Combat et Wassila Meddas ont été contactés mais n'ont "pas donné suite aux sollicitations". Il promet au micro de "Quotidien" d'"écouter" les salariés en souffrance mais préfère répondre à "Libé" par ce graphique, publié sur X, et qui souligne les audiences historiques de la station musicale.

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