Matthieu Delormeau ne comprend pas. Alors que les attaques par médias interposés entre les équipes de Yann Barthès et celles de Cyril Hanouna semblaient s'être atténuées depuis l'arrivée du second dans le groupe M6, le chroniqueur de "Tout beau, tout n9uf" a critiqué le talk-show de TMC sur sa ligne éditoriale. Invité de Thomas Isle dans "Culture médias" sur Europe 1 mardi 13 janvier, celui qui a repris sa place dans la bande de Cyril Hanouna en septembre a fait part de son étonnement quant au choix des invités de l'émission concurrente. "Ça me choque énormément que 'Quotidien' puisse se servir de son émission pour faire du lobbying. C'est plus de la propagande qu'une émission", a-t-il fustigé. Pour appuyer ses propos, Matthieu Delormeau a pris l'exemple de Gabriel Attal, l'ex-premier ministre d'Emmanuel Macron, présent sur le plateau lors de la dissolution de l'Assemblée nationale, et bénéficiaire d'1h30 de temps de parole "alors que l'on ne voit personne d'autre".
Derrière ces propos se cache encore l'amertume d'avoir vu C8 et "Touche pas à mon poste" sanctionnés et pointés du doigt pour leur connivence politique. "Ça me choque qu'on soit tombés à ce point sur C8 qui soit disant ne recevait pas assez de personnalités de gauche. Si les arguments sont les bons, pourquoi on pénalise l'un et pas l'autre", s'interroge le sceptique sur ce deux poids, deux mesures. "On ne va pas se mentir, lorsqu'il y avait les élections, 'Quotidien' était vraiment l'attaché de presse de la Macronie. On aime ou on n'aime pas, mais moi ça me choque", a conclu l'ex-animateur de NRJ12.
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Cette sortie survient au lendemain des vœux à la presse de Jordan Bardella, au cours desquels le président du Rassemblement national a été interrogé sur les relations tendues entre son parti et l'émission présentée par Yann Barthès. Il a annoncé que les journalistes du talk de TMC ne seraient acceptés aux événements du RN qu’à une condition : que "Quotidien" accepte, en retour, de recevoir des élus du Rassemblement national sur son plateau. "'Quotidien' ne souhaite pas donner la parole de manière directe à des dirigeants du Rassemblement national, c’est-à-dire aux représentants d’un parti qui, d’après les intentions de vote, pourraient avoir la confiance d’un Français sur deux lors de la prochaine élection présidentielle", a affirmé le dirigeant, dénonçant le boycott des membres de son parti.
Il y a deux ans, le producteur de "Quotidien", Laurent Bon, avait assumé publiquement la décision de ne pas inviter de représentants du Rassemblement national sur le plateau de l’émission. Il avait alors évoqué un choix collectif de la rédaction et de la production, sans exclure des reportages ou des séquences traitant du RN, mais en refusant les interviews en face-à-face. Lui et les producteurs du programme d'access prime time s'étaient expliqués, sur demande du RN, devant la commission d’enquête sur la TNT sur ce choix éditorial qui fait encore parler.

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