La tension est encore montée d’un cran sur le plateau de "L’Heure des pros". Ce lundi, Pascal Praud a ouvert l’édition du soir de son émission avec un nouvel édito consacré à la condamnation de Nicolas Sarkozy. "Deux députés de La France Insoumise, Danièle Obono et Ugo Bernalicis, ont voulu hier rencontrer Nicolas Sarkozy dans sa cellule" a-t-il lancé. L’animateur a assuré que les parlementaires étaient accompagnés d’un journaliste du "Monde" "qui milite pour la gauche" et d’un journaliste de "Politis", "qui milite pour l’extrême gauche", tout en répétant que l’ancien président est placé "dans une prison où il n’a rien à faire".
Selon le "JDD" et BFMTV, les élus insoumis souhaitaient exercer leur droit de visite parlementaire dans un établissement pénitentiaire. Ils auraient cependant demandé expressément à rencontrer Nicolas Sarkozy, demande que l’administration a catégoriquement refusée. Sur X, Ugo Bernalicis a démenti : "Nous n'avons jamais demandé à voir Nicolas Sarkozy (…) Si nous avions souhaité rencontrer Nicolas Sarkozy, nous lui aurions demandé directement. Comme je l’avais fait pour Patrick Balkany."
L’ancien président a été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans le procès du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007. Il a fait appel mais sa mise en détention est immédiate en raison de l’exécution provisoire du mandat de dépôt. C’est dans ce contexte hautement inflammable que la discussion a dérapé en plateau. "On fait subir à un homme une sanction qui n’a pas de sens et il ne devrait jamais être en prison. Vous vous rendez compte que vous mettez un ancien président de la République dans ces conditions avec les gens qui sont autour de lui. C’est infamant", estime Pascal Praud.
Face à lui, Philippe Bilger réplique : "C’est la manière dont il a commis certaines choses qui est infamante." Une phrase de trop pour l’éditorialiste de CNews : "C’est scandaleux ce que vous dites comme magistrat. Vous dites 'il a fait', mais vous n’en savez rien. Il est présumé innocent. Le magistrat que vous êtes devrait au moins respecter ça", martèle-t-il. Le chroniqueur s’agace à son tour et accuse l’animateur de "faire des dithyrambes". "Si vous ne voyez pas que la France est humiliée, c’est que vous ne voyez pas grand-chose. Et non, je n’exagère pas, ce n’est pas mon genre", conclut Pascal Praud, sous les regards silencieux des autres membres de l’équipe. Puremédias vous propose de visionner la séquence ci-dessus.
L’ancien chef de l’État, incarcéré sous la surveillance rapprochée de deux officiers de sécurité "pour ne prendre le moindre risque", continue de clamer son innocence. Ses avocats dénoncent une décision "injuste" et "une honte". La droite et l’extrême droite soutiennent activement Nicolas Sarkozy, tandis que la gauche défend l’institution judiciaire. CNews, elle, est particulièrement engagée dans ce traitement éditorial. L’Arcom a déjà été saisie début octobre pour "manquements graves à ses obligations d’honnêteté" après un bandeau titrant : "Nicolas Sarkozy face à un procès politique". Le régulateur évalue actuellement plusieurs signalements liés à la couverture du verdict.
Ce n’est pas une première. Le 6 janvier 2025, Pascal Praud avait déjà vivement pris la défense de Nicolas Sarkozy dans "L’Heure des pros", en remettant en cause la solidité des charges pesant sur l’ancien président, jugé depuis ce jour-là pour un supposé "pacte de corruption" passé en 2005 avec Mouammar Kadhafi aux côtés de douze autres prévenus. L’animateur s’était interrogé en direct : "Que penser d’un procès où les preuves manquent ?" et dénonçait "l’acharnement de la justice française" contre Nicolas Sarkozy. Une séquence qui avait entraîné une saisine de l’Arcom : le régulateur avait estimé que ces propos, sans nuance ni contradiction en plateau, ne respectaient pas les exigences de "mesure, de rigueur et d’honnêteté" dans le traitement d’un procès en cours, appelant CNews à davantage de vigilance.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2