Christian Jeanpierre : "Je n'ai jamais considéré que ma place sur TF1 était acquise"

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Christian Jeanpierre : "Je n'ai jamais considéré que ma place sur TF1 était acquise"
Christian Jeanpierre
Christian Jeanpierre © Benjamin Decoin / TF1
Alors qu'il s'apprête à commenter la Coupe du monde de rugby pour TF1, la figure de proue des sports de la Une a répondu à nos questions.

Ce soir, TF1 donne le coup d'envoi de l'édition 2015 de la Coupe du monde de rugby. La première chaîne proposera 21 rencontres, dont 8 en prime time, à commencer par le match d'ouverture entre l'Angleterre, pays organisateur, et les Îles Fidji. Les rencontres principales seront commentées par Christian Jeanpierre et Bernard Laporte. Alors qu'il s'entraînait pour la compétition, en commentant à blanc un des test matchs estivaux de Bleus, le journaliste de la Une a répondu aux questions de puremedias.com.

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Propos recueillis par Benoît Daragon.

puremedias.com : Vous commentez régulièrement des matchs de football, mais vous ne vous frottez au rugby qu'une fois tous les quatre ans. Ca vous demande une préparation particulière ?
Christian Jeanpierre : Oui ! J'ai voulu être au coeur de l'équipe de France pour bien connaître les joueurs et surtout voir comment vit le groupe. Je suis donc allé à Tignes avec les 36 joueurs - à l'époque, ils n'étaient pas encore 31. J'ai été en immersion totale avec eux pendant trois jours. J'ai vu le groupe vivre et j'ai pu juger de la qualité humaine et sportive de cette équipe. Et puis, j'ai évidemment fait un gros travail pour chercher les infos sur les joueurs des équipes des autres pays. Enfin, il y a la technique. Là aussi, un vrai boulot de réviser les règles d'arbitrage qui évoluent régulièrement.

Des règles qui sont surtout compliquées pour les non-initiés !
Oui, et on sait que tout le monde ne les comprend pas toutes ! Pour cela, je m'appuie sur l'expérience de Bernard Laporte. Avec lui, vous allez tout comprendre. Il a une qualité essentielle : il sait vulgariser. Notre enjeu, c'est de faire de ce sport génial, un sport national qui plait autant à Brest et à Mulhouse que dans le sud ouest, qui est déjà conquis. Ce sport doit partir à la conquête d'autres territoires, et Bernard, pour ça, est un excellent VRP.

"La télé, ça a l'air facile mais il y a un vrai travail de fond"

Et donc en plus de ces "révisions", vous avez commenté des matchs à blanc. Pourquoi ça ?
On s'entraîne, tout simplement ! (rires) On se met en cabine, on prend un casque, on regarde un match et on le commente comme si on était en direct ! On a refait comme ça plusieurs des test matchs des Bleus. Avec Bernard, on avait commenté ensemble la Coupe du monde de 1999 mais il fallait retrouver nos marques. On s'est entraîné pour être les plus performants possible et pour ne pas décevoir les millions de téléspectateurs qui vont nous regarder. La télé, ça a l'air facile mais il y a un vrai travail de fond que les gens ne perçoivent pas forcément. Malgré les activités de Bernard Laporte au RC Toulon, il est venu plusieurs fois par semaine à Paris pour faire ces faux matchs. Il était important de faire ces quelques mises au point, retrouver le vocabulaire, s'adapter au rythme de parole de Bernard...

Vous vous êtes réparti les rôles : vous êtes le clown blanc et Bernard Laporte, l'auguste ?
Non ! Mais on a une vraie complicité en dehors du micro et ça s'entend forcément à l'antenne. Moi je suis là pour partager cette passion avec le plus grand nombre. C'est à Bernard Laporte d'expliquer ce qu'est, par exemple, une défense inversée.

"Le rugby est un sport très graphique"

Malgré des horaires très défavorables, la dernière Coupe du monde a enregistré de très fortes audiences. Vous vous attendez à mieux cette fois-ci avec des matchs à 18h ou à 21h ?
J'ai horreur de faire ce genre de pronostics. On s'attend à de très grosses audiences, évidemment. Le rugby est un sport de combat, de spectacle, qui force le respect. Ce sport à un truc qui imprime l'image, il est très graphique. Cette Coupe du monde en Angleterre va être fédératrice. Si le match d'ouverture entre l'Angleterre et les îles Fidji est de qualité, et ça le sera car ce sont deux équipes spectaculaires, cela va donner le ton de la compétition. Je suis sûr que les gens seront au rendez-vous.

Et évidemment TF1 va jouer à fond la carte des Bleus. Donc plus il vont loin, mieux c'est pour vous et s'ils perdent tôt, c'est un coup dur pour TF1 ?
Oui. Ca, c'est une certitude. Je fais partie de ces quelques utopiques qui croient en ces Bleus. J'adore ces mecs-là, ils sont courageux, intelligents. Je sais qu'ils ont du talent. Je n'ai aucun doute là-dessus. Yoann Maestri, par exemple, n'a rien à envier à un autre deuxième ligne. Les Français jouent dans les meilleurs clubs d'Europe. Cette année, la finale de la Coupe d'Europe opposait deux clubs français. Je les trouve dedans, concernés. Et ils ont conscience de la chance qu'ils ont de jouer la Coupe du monde.

"Je suis dans une chaîne qui ne fait pas de cadeau"

Malgré ses dérapages verbaux, Thierry Roland était aimé des Français. Idem pour Thierry Gilardi. Comment vous expliquez que vous, vous, n'imprimez pas avec les téléspectateurs ?
Je sais pas... Vous avez une explication ?

Vous êtes sans doute moins chaleureux que vos deux prédécesseurs...
J'ai beaucoup de respect pour eux ! C'est Thierry Roland qui m'a accueilli à "Téléfoot". J'ai commenté la Coupe du monde de 2010, celle du fiasco de l'équipe de France et l'épisode du bus de Knysna. Thierry Roland, lui, a commenté la victoire de 1998 ! Ca aide à être davantage chaleureux (rires). Je suis de nature positive, donc je me dis que ça peut peut-être changer si l'équipe de France fait un beau parcours en foot ou en rugby !

On vous reproche aussi vos erreurs, qui sont compilées sur les réseaux sociaux ou sur les sites d'informations.
Je ne suis pas sur les réseaux sociaux donc je ne lis pas ce qu'on dit sur moi. Mais c'est normal de ne pas faire l'unanimité quand on commente des matchs qui sont vus par des millions de Français. La critique, ça fait partie du boulot ! Si je fais des bourdes, et j'essaye d'en faire le moins possible, Bernard me reprendra ! Mais je m'appuie sur les professionnels qui sont à côté de moi et qui savent que je connais le métier. Je suis dans une chaîne qui ne fait pas de cadeau. On ne m'a pas demandé de repartir sur le rugby sans raison... Et d'ailleurs je n'ai pas hésité une demi-seconde !

L'Euro 2016, ce sera vous ?
J'espère !

Ce n'est pas encore acté ?
Ca fait 25 ans que je suis à TF1. Je ne me suis jamais projeté à plus d'un mois ! Parce qu'on est comme des joueurs de haut niveau. La chaîne a une exigence de l'antenne qui fait que tu es obligé de te remettre en cause. Je fais la Coupe du monde de rugby et si ça se passe bien j'imagine qu'on me proposera l'Euro de football. Je n'ai jamais considéré ma place sur TF1 comme acquise. Quand tu le crois, tu es mort. Le secret de la longévité à TF1, c'est de se remettre en cause toute les semaines ! Et pour ca, il faut bosser.

C'est Claire Chazal qui vous appris ça ?
Non, je le sais depuis toujours. J'ai beaucoup de respect pour Claire, pour sa carrière. Et elle restera une amie.

Vous avez lancé une nouvelle formule de "Téléfoot". Qu'elle était l'idée directrice ?
L'idée, c'était d'intégrer à l'émission ce qui marchait bien sur "MyTéléfoot" depuis deux ans. "MyTéléfoot", c'est le laboratoire de l'émission. On s'est rendu compte sur le web qu'on pouvait avoir une présentation différente. On a donc fait entrer des jeunes, comme Charlotte Namura, qui apportent de la fraîcheur !

Il y a plus de talk, pour se rapprocher du "Canal football club" ?
Oui mais non. L'ADN de "Téléfoot", c'est le reportage. On doit montrer des images de Cristiano Ronaldo. Donc oui, on a ajouté un peu de talk, mais on ne peut pas faire de longs débats de 7-8 minutes à cette heure-là sur TF1. On n'est pas là pour déconner avec les copains. Le dosage est très subtil. Donc il y a des espaces de discussion mais il faut être avec Anthony Martial quand il arrive à Manchester United. C'est surtout ça que les gens attendent de "Téléfoot".

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