Le 21 janvier, les membres de l'Arcom ont de nouveau dû trancher sur le cas de CNews. Le gendarme de l'audiovisuel avait été saisi pour trois séquences, diffusées dans les émissions "Face à face l’été", "L’Heure des pros 2 été" et "Punchline été", au cours desquelles plusieurs intervenants se sont exprimés sur la situation humanitaire à Gaza. Les propos litigieux concernaient plus particulièrement le versement d’une aide mensuelle aux Palestiniens. Au final, la chaîne d'actualité du groupe Bolloré s'en sort avec une simple mise en garde et des remontrances de l'institution, qui lui a demandé de "veiller, à l’avenir, à ce que la question du conflit israélo-palestiniens, d’une sensibilité toute particulière, soit traitée avec la plus grande rigueur au regard des obligations précitées".
Ces propos étaient "dénués de sources ou de précautions oratoires en méconnaissance des dispositions de la recommandation du 20 novembre 2013 et de la convention de la chaîne", a souligné l’Arcom dans sa décision. Plus globalement, elle a relevé que les propos prononcés à l'antenne laissaient entendre qu'il n'y aurait pas de problème d'aide alimentaire, faisant prenant notamment l'exemple d'un établissement vendant des glaces "plus achalandé que certains bars de glace à Paris". L'autorité a retenu que ces interventions "apparaissaient de nature à minimiser la réalité de la situation à Gaza sans prendre en considération les souffrances avérées de la population, notamment civile, et en particulier son niveau, élevé à dramatique, d’insécurité alimentaire". Elle a alors estimé, en conséquence, qu’ils méconnaissaient les exigences de pondération, d’honnêteté et de rigueur de l’information dans le traitement d’un conflit international.
Le régulateur a également relevé dans son analyse un manque de maîtrise à l'antenne des différents présentateurs : aucune personne en plateau n'est "intervenue pour contredire ou mettre en perspective les propos en cause, certains intervenants les ayant au contraire confortés, invitant à les répéter voire les marteler".
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Par ailleurs, CNews et Europe 1 ont également été réprimandés par l'Arcom au sujet d'un extrait de "L’Heure des pros" retransmis simultanément sur les deux médias, consacré à la décision d'Emmanuel Macron de reconnaître un État de Palestine. Cette fois-ci, le régulateur a jugé que des participants au débat ont pu délivrer un propos plus nuancé sur le sujet en question, mais il a néanmoins averti les antennes concernées de la nécessité du pluralisme des points de vue sur des questions prêtant à controverse ou revêtant une sensibilité toute particulière. Il n'a donc pas retenu un manquement des éditeurs à leurs obligations.
Ces rappels à l'ordre interviennent dans le contexte d'une rébellion d'universitaires, révoltés contre le laxisme de l'Arcom envers CNews et Europe 1. Ces professeurs de droit et juristes ont déposé mercredi 4 mars un référé-liberté devant le Conseil d'Etat contre l’inertie du gendarme de l’audiovisuel face aux manquements au pluralisme des deux médias sous le giron de Vincent Bolloré. Les signataires ont constaté un déséquilibre "manifeste et durable" dans la représentation des courants de pensée.

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