D'autres personnalités devraient emboîter le pas à Léa Salamé et Laurent Delahousse, entendus lundi devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Invité du "8h30 franceinfo", le président de ce travail parlementaire, Jérémie Patrier-Leitus, a déroulé le programme des jours à venir et a annoncé vouloir inviter "des actionnaires" de sociétés de production, fin février, à l'Assemblée. Il a ainsi listé le milliardaire Matthieu Pigasse pour Mediawan ou Xavier Niel pour Banijay parmi les prochains auditionnés. Avant de citer le nom de Vincent Bolloré, au coeur de l'actualité malgré lui. Le patron du groupe propriétaire de Canal+ a en effet confirmé Jean-Marc Morandini dans ses fonctions d'animateur sur CNews, malgré la condamnation pour corruption de mineurs. Une décision qui a créé bien des remous en interne comme dans le PAF avec plusieurs réactions consternées.
C'est pourtant comme "l'un des actionnaires majoritaires de Banijay, la société de production dont parle régulièrement le rapporteur (Charles Alloncle, ndlr) parce que c’est celle de Nagui" que le milliardaire sera entendu par la commission d'enquête. Mais, il n'échappera pas aux questions sur l'affaire Morandini et son maintien à l'antenne. "Ce sera l'occasion pour Vincent Bolloré de s'en expliquer", a confirmé Jérémie Patrier-Leitus. "Je l'interrogerai là-dessus, parce que je suis exigeant avec l'audiovisuel public et s'il y a des manquements et des dysfonctionnements avec l'audiovisuel public je le dis, mais je le dis aussi sur l’audiovisuel privé".
Le député Horizons du Calvados a alors glissé au sujet de celui qui demande une "seconde chance" qu'il "n'est pas normal qu'une personne, qu'un journaliste, qu'un présentateur qui a été accusé définitivement pour corruption de mineurs, inscrits sur la liste des auteurs d'infractions sexuelles, soit maintenu à l'antenne". Et ce, même s'il reconnait qu'il n'y a pas eu de manquement. "Il n'y a pas de règle qui l'interdit, mais je pense que ce sont des principes déontologiques, des principes éthiques", juge-t-il, indiquant ne pas avoir "d'indignation à géométrie variable".
Le conflit entre le service public et les médias de la galaxie Bolloré sera également au coeur des discussions. En septembre 2025, Radio France et France Télévisions avaient saisi l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel, dénonçant "une campagne de dénigrement" de la part de CNews, Europe 1 et "Le JDD", tous dans le giron de Vincent Bolloré. Des médias qu'elles ont également assignés en justice en novembre pour le même motif. "La galaxie médiatique de Vincent Bolloré veut la peau de l'audiovisuel public, réclame sa privatisation", avait dénoncé Delphine Ernotte Cunci, la présidente de France Télévisions, dans une interview au "Monde".
"Personne ne reprendra le pouvoir dans l'audiovisuel public, France Télévisions et Radio France sont des médias indépendants et cette indépendance garantit le bon fonctionnement de notre démocratie", a insisté Jérémie Patrier-Leitus, ce matin, sur franceinfo. Il s'est dit "absolument contre la privatisation" de l'audiovisuel public.

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