CMA Media et Rodolphe Saadé continuent d'étendre leur empire. Au moment de son rachat du groupe RMC-BFMTV, il y a deux ans, le milliardaire et propriétaire du groupe n'avait pas inclus la chaîne payante RMC Sport dans la transaction de 1,55 milliard d’euros. Une opération qu'il est en passe de rattraper. "CMA Media annonce être en cours de finalisation de l’acquisition de RMC Sport", indique l’entreprise dans un communiqué publié le jeudi 4 juin. Restée jusqu'alors dans le giron d'Altice, propriétaire de SFR, et fournie à plusieurs abonnés de l'opérateur, la chaîne payante va donc être récupérée par le groupe dirigé par Claire Leost. Une façon pour elle de prolonger son existence alors que ses jours étaient comptés avec le potentiel rachat de SFR par le consortium Bouygues Telecom-Free-Orange.
Autrefois bien fourni avec la Ligue des champions de football ou encore la Premier League, le catalogue de RMC Sport se restreint aujourd'hui aux seules disciplines de combat. Et son joyau, le contrat de diffusion de l'UFC, la prestigieuse ligue d'arts martiaux mixtes, prend fin en 2027. Mais, la filiale de CMA CGM assure justement vouloir "renforcer ses activités" sur ce créneau porteur et effectuer son entrée sur le marché de l'abonnement payant avec cette acquisition.
"Le sport constitue aujourd'hui l'un des rares univers capables de conjuguer fortes audiences en direct, engagement massif des communautés, développement des abonnements et monétisation digitale. CMA Media entend pleinement s'appuyer sur cette dynamique pour poursuivre sa croissance grâce à la diversification des revenus en associant aux activités financées par la publicité un modèle reposant sur l'abonnement, particulièrement complémentaire dans l'univers du sport", argue le groupe également propriétaire de "La Tribune", de "La Provence" ou encore du média en ligne "Brut".
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Dans un entretien accordé aux "Échos", la directrice générale Claire Leost assurait que sa maison continuerait à accélérer son développement. "Nous croyons à la nécessité d’une consolidation du secteur pour permettre aux groupes audiovisuels français de faire face à la concurrence croissante des plateformes mondiales", défendait-elle. Et ce, même si la logique de rapprochement entre les différentes rédactions du groupe a provoqué des remous. Les salariés de "La Tribune" se sont mis deux fois en grève en avril dernier pour protester contre la mise en place d'un plan social lié à un projet de réunion avec BFM Business.

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