Difficile d'échapper outre-Atlantique au phénomène "Melania". Ce documentaire sur l'épouse de Donald Trump sort ce vendredi 30 janvier dans 1.700 salles des Etats-Unis et du Canada. Mais pas en France, indique Amazon, qui a produit et financé le projet, à nos confrères de "20 Minutes". Les spectateurs tricolores seront donc privés de ce film de moins de deux heures suivant la première Dame durant les vingt jours précédant l’investiture de son mari, en janvier 2025. Pas les Américains qui, entre bande-annonce grandiloquente et affiches promotionnelles, sont abreuvés d'images vantant le "retour de Mme Trump dans l’un des rôles les plus puissants au monde". En effet, Amazon a sorti le chéquier : 40 millions de dollars rien que pour acquérir le documentaire, auxquels il faut ajouter 35 millions de dollars pour la campagne de communication. Avec autant de zéros alignés, l'entreprise iconique de la tech n’a eu aucun mal à s’adjuger le contrat au nez et aux grandes oreilles de Mickey et Disney.
À titre de comparaison, le plus gros succès d'un documentaire aux États-Unis, "Fahrenheit 9/11" de Michael Moore, avait bénéficié d'un budget marketing de l'ordre de 10 millions de dollars selon "Box-Office Mojo". Critiqué pour sa connivence, le grand studio californien se défend de tout calcul politique et se dit certain que ses clients vont adorer le film. Pourtant, les recettes ne devraient pas dépasser 5 millions de dollars pour le premier week-end, d'après des estimations s'appuyant sur les préventes. "Courez le voir, les places partent vite", a même écrit Donald Trump sur les réseaux sociaux pour inverser la dynamique.
De nombreuses voix estiment que Jeff Bezos, fondateur de la firme, cherche à s'attirer les faveurs du président, alors qu'un net rapprochement est remarqué depuis plusieurs mois entre lui et le président américain. Le milliardaire a notamment bénéficié d'un siège au premier rang lors de la cérémonie d'investiture de Donald Trump président le 20 janvier 2025 au Capitole. Un "pot-de-vin à 75 millions de dollars", a dénoncé l'animateur de talk-show américain Jimmy Kimmel dans son émission.
Ce "film de propagande", pas épargné par la critique US, marque également le retour derrière la caméra de Brett Ratner, souhaité par Donald Trump. Or, le cinéaste, à qui l'on doit la saga "Rush Hour", est accusé d'agression sexuelle et banni d'Hollywood depuis 2017 et la vague #MeToo. Il avait rejeté ces allégations. Pourtant, le président aurait demandé en personne à Paramount, propriété de la famille Ellison dont il est proche, de relancer la production du quatrième volet de sa franchise fétiche, consacrant le come-back du réalisateur controversé.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2