Billie Eilish est repartie avec le trophée de chanteuse de l'année.© Zuma Press / Bestimage
Les personnalités américaines continuent de relever la tête contre l'ICE et l'administration de Donald Trump. Aux Grammy Awards, la politique anti-immigration décidée à la Maison-Blanche s’est invitée sur la scène du gala californien qui réunit la crème de l’industrie musicale, alors que deux citoyens ont été tués par des agents fédéraux à Minneapolis en janvier. Les chanteurs récompensés ont profité de la tribune offerte pour manifester leur opposition à la police américaine de l'immigration.
Le plus véhément a été la figure de proue du reggaeton, Bad Bunny, sacrée pour son album, "Debí Tirar Más Fotos". En recevant son deuxième prix de la soirée, celui de la meilleure musique latine urbaine, la future tête d'affiche de la mi-temps du Super Bowl a notamment appelé à "mettre dehors" l’ICE. "Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et nous sommes américains", a lancé en espagnol l’artiste de 31 ans sur la scène de la Crypto.com Arena, à Los Angeles, exhortant à ne pas se laisser "contaminer" par la "haine".
Il n’a pas été seul à prendre ouvertement position contre la politique du chef d'Etat, d'autres vedettes lui ont emboité le pas comme Billie Eilish. Venue sur scène pour récupérer son trophée de la meilleure chanson de l'année, l'interprète de "Wildflower" a également tapé du poing sur la table pour exprimer sa colère. "J’ai l’impression qu’il faut simplement continuer à nous battre, à prendre la parole et à manifester. Nos voix comptent vraiment, les gens comptent vraiment", a-t-elle appelée. "Personne n'est illégal sur une terre volée. C'est juste très difficile de savoir quoi dire et quoi faire en ce moment, et je me sens vraiment pleine d'espoir dans cette salle", a ajouté la jeune prodige engagée. Avec sa ballade pop-folk, elle a créé la surprise en s'imposant face à des poids lourds comme Bad Bunny, Lady Gaga, Kendrick Lamar, ainsi que face au titre favori, "Golden", tiré de la bande originale du film d'animation phénomène "KPop Demon Hunters".
L'indignation avait également gagné l'influente Whoopi Goldberg à l'antenne sur ABC, quelques jours plus tôt. Dans son émission, la célèbre animatrice n'avait pu cacher son désarroi face à cette situation et avait directement pris à partie les responsables fédéraux, coupables d'"avoir du sang sur les mains" à la suite de l'exécution à bout portant d'un infirmier de 37 ans. Furieuse, elle avait poursuivi sa remise en cause de la responsabilité du gouvernement américain dans cette fusillade : "Si vous ne le voyez pas, c’est volontaire. C’est parce que vous ne regardez pas. Vous ne pouvez pas rester assis là-bas".
À la présentation des Grammy Awards, l'humoriste Trevor Noah a pour sa part ironisé sur le contexte politique, qualifiant de "nouvel hymne national" le morceau de la rappeuse Doechii "Anxiety" (Anxiété en français). Lors d'un sketch avec Bad Bunny, il a demandé au rappeur s'il pourrait venir vivre avec lui à Porto Rico si la situation continuait de se dégrader aux États-Unis, et l'artiste lui a rappelé que l'île faisait "partie" du pays. À peine la cérémonie terminée, Donald Trump a menacé de poursuites judiciaires le maître de cérémonie, en raison d'une allusion à l'affaire Epstein. Après la décoration de Billie Eilish, Trevor Noah avait plaisanté sur le fait que "c'est le genre de Grammy que tous les artistes convoitent, presque autant que Trump convoite le Groenland". "Ce qui est logique, car depuis la disparition d'Epstein, il lui faut une nouvelle île pour traîner avec Bill Clinton", avait-il raillé.
- Album de l’année : "DeBÍ TiRAR MáS FOToS" - Bad Bunny
- Enregistrement de l’année, récompensant l’enregistrement et la production : "luther" - Kendrick Lamar avec SZA
- Chanson de l’année, récompensant les auteurs/compositeurs : "WILDFLOWER" (Billie Eilish) - Billie Eilish O’Connell et Finneas O’Connell
- Révélation de l’année : Olivia Dean
- Meilleur album vocal pop : "MAYHEM" - Lady Gaga
- Meilleure prestation pop en solo : "Messy" - Lola Young
- Meilleure prestation pop en duo ou en groupe : "Defying Gravity" ("Wicked") - Cynthia Erivo et Ariana Grande
- Meilleur album rap : GNX - Kendrick Lamar
- Meilleure prestation rap : "Chains - Whips" - Clipse (Pusha T et Malice), featuring Kendrick Lamar et Pharrell Williams
- Meilleur clip : "Anxiety" - Doechii
- Meilleur album de musique du monde : "Caetano e Bethania Ao Vivo" - Caetano Veloso et Maria Bethania

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