L'avenir de l'audiovisuel français en grand danger ? Mercredi dernier se tenait la première table ronde d'un colloque sur cette problématique avec plusieurs intervenants au tableau. Maxime Saada (Canal+), Rodolphe Belmer (TF1) ou encore Martin Ajdari (Arcom) ont échangé pendant plusieurs heures au Sénat afin de trouver des solutions pour rétablir une équité concurrentielle entre les acteurs dans un environnement marqué par de nombreuses asymétries réglementaires et fiscales. Dans ce contexte moribond pour la télévision historique, le directeur général de la Une a tiré la sonnette d'alarme, rappelant la situation d'urgence dans laquelle tous se trouvent face aux plateformes de streaming. "Le groupe TF1 ne pourra pas financer tout seul les 260.000 personnes qui façonnent les programmes et l'information de ce pays. Ce n'est pas possible", a commenté le dirigeant.
"Si on veut que l'exception culturelle continue à être aussi vivace, que l'information continue à être aussi riche dans notre pays et portée gratuitement aux Français, il faut que le service public soit bien financé", milite-t-il en faveur de France Télévisions. "Avec une visibilité sur ses financements", a néanmoins ajouté le successeur de Gilles Pélisson. Pour ce dernier, son concurrent reste "un acteur important" dans le paysage audiovisuel. Le groupe dirigé par Delphine Ernotte, fragilisé depuis des années, fait en effet l'objet d'une enquête d'une commission sur sa neutralité, son fonctionnement et son financement depuis la fin du mois de novembre. Si elle donne parfois lieu "à un triste spectacle" selon l'aveu-même de son président, le député du Calvados Jérémie Patrier-Leitus, les personnalités qui défilent à l'Assemblée nationale plaident l'importance de préserver l'audiovisuel public.
Une position partagée par Rodolphe Belmer. "On a besoin de sécuriser et de stabiliser le service public. Il y a un débat autour de lui en ce moment, mais le rôle du service public dans le fonctionnement de notre démocratie et dans le fonctionnement de notre exception culturelle est majeur. Et ça doit faire partie des intangibles qui font consensus dans le pays", a-t-il déclaré à l'assistance, malgré son titre de dirigeant du groupe privé. En mai dernier, il s'était félicité de la reconduction de Delphine Ernotte à la tête de France TV.
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Le PDG de TF1 milite pour la mise en place d’une "filière" de l’audiovisuel français afin de faire face à la concurrence des plateformes internationales. Lors du Festival de la Fiction de La Rochelle en septembre, il appelait ainsi à la création d’un front commun des acteurs français pour défendre l’indépendance et le financement pérenne du secteur. "L’audiovisuel public est un acteur essentiel de l’écosystème français", martelait-il. Une démarche saluée à l’époque par Delphine Ernotte elle-même, consciente des défis budgétaires qui pèsent sur le service public, surtout depuis la fin de la redevance remplacée temporairement par une part de TVA.

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