"J'ai annoncé ce matin à la direction de France Inter qu'il m’est désormais impossible d’assurer sereinement le débat hebdomadaire prévu dans la nouvelle grille". Sur son compte X ce mardi 9 septembre, Thomas Legrand, qui avait hérité d'une nouvelle case en cette rentrée, a indiqué qu'il arrêtait "Face à Legrand", son rendez-vous hebdomadaire programmé dans la matinale du dimanche de France Inter. Pendant une dizaine de minutes, il était chargé de débattre avec un invité et de confronter son point de vue d'éditorialiste. Un seul numéro avait été diffusé jusqu'ici : un débat avec Alain Minc, passé à l'antenne le 31 août dernier.
Mais depuis vendredi 5 septembre, l'éditorialiste de la station, qui collabore également auprès de "Libération", est englué dans une polémique. Dans une vidéo diffusée par le média conservateur "L'Incorrect" et filmée en juillet dans un restaurant parisien, lui et Patrick Cohen, éditorialiste sur France Inter et membre de l'équipe de "C à vous" sur France 5, échangent avec Pierre Jouvet et Luc Broussy, respectivement secrétaire général et président du conseil national du Parti socialiste. Au cours de cette discussion, où est aussi évoquée la stratégie de la gauche en vue de la présidentielle de 2027, Thomas Legrand déclare notamment : "Nous, on fait ce qu'il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi", ce qui a pu être interprété comme un parti pris à l'encontre de la ministre de la Culture et lui a valu d'être suspendu de l'antenne "à titre conservatoire" par Radio France.
"Je tiens des propos maladroits. (...) Si la tournure, extraite d'un échange tronqué et privé, est malheureuse, j'assume de 'm'occuper' journalistiquement des mensonges de Madame Dati", s'est défendu le journaliste, qui avait cependant "compris que la diffusion de cette vidéo, enregistrée à l'insu des protagonistes et qui plus est tronquée, puisse susciter de la suspicion". "On a pris des bouts de phrase. Il n'y a pas 20 secondes de conversation suivie. C'est complètement manipulatoire", a de son côté réagi auprès de l'AFP Patrick Cohen.
Thomas Legrand a donc pris les devants ce mardi en quittant de lui-même le rendez-vous qu'on lui avait nouvellement confié, tout en assurant rester sur la station de la radio publique. "France Inter est ma radio. La direction m’a assuré de sa confiance", a-t-il écrit.
Un tweet reposté par le service presse de France Inter, qui affirme que "cette décision traduit son profond attachement au service public et son souhait de protéger le travail des journalistes de la rédaction". Et d'ajouter : "La direction de France Inter connait son honnêteté journalistique et n'a jamais douté de sa version des faits. Elle condamne à nouveau les méthodes illégales ainsi que les menaces inacceptables dont il est la cible", avant de conclure sur ces mots : "Thomas est une voix familières des auditeurs de France Inter depuis de nombreuses années et le restera. Il continuera à intervenir à l'antenne comme éditorialiste de 'Libération' et sous d'autres formes adaptées dont nous discutons avec lui".

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