Absent de la feuille de match. Lui-même à l'origine de la procédure judiciaire, Pierre Ménès ne s'est pas présenté à l'audience l'opposant à Marie Portolano, ce lundi 7 septembre. En 2024, l'ex-consultant de Canal+ a saisi la justice trois mois après la parution du livre de son ancienne collègue, "Je suis la femme du plateau", dans lequel l'animatrice des "Maternelles" relatait une agression sexuelle subie sur le plateau du "Canal Football Club" en 2016. Elle l'accuse, sans jamais le nommer, de lui avoir soulevé la jupe puis touché les fesses, hors antenne mais devant le public de l'émission. La jeune femme, "prise d'un accès de colère", l'avait alors "frappée devant tout le monde", en quittant le plateau "très énervée".
Appelée à la barre, car jugée pour diffamation, Marie Portolano a rappelé le but de son ouvrage, né de son film "Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste", en 2021, sur Canal+, et d'un "passage coupé par la chaîne pour protéger Pierre Ménès". "Mon documentaire n'était pas voué à le dénoncer lui et à le pointer du doigt, mais à montrer qu'il est difficile d'être une femme dans un milieu d'hommes, surtout dans une rédaction sportive, a-t-elle expliqué devant le tribunal. Selon elle, ses écrits visaient donc à blâmer "un système" et non pas à déclencher "une chasse à l'homme".
Mais, les débats se sont vite recentrés sur les agissements reprochés au spécialiste du ballon rond et notamment toutes les "stratégies d'évitement" adoptées par elle-même et les autres femmes en sa présence dans les parages. En plus de tous les faits dénoncés dans son livre, Marie Portolano a complété la liste par un nouvel élément à la décharge de celui qui dit sa "carrière brisée" après cet épisode. "Quand j'étais enceinte, il regardait chaque semaine si j'avais pris des seins pendant ma grossesse, a notamment rappelé la présentatrice sur le service public. "Pour moi, c'est un enfant à qui on n'a jamais dit ce qu'il n'avait pas le droit de faire. Lui, il est coupable, mais les vrais coupables sont les personnes qui l'ont laissé faire", a-t-elle ajouté.
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À l'issue des débats, qui ont duré près de deux heures, l'avocat de la journaliste, Me Bigot, a demandé la condamnation de Pierre Ménès pour "abus de constitution de partie civile". Ce dernier espérait obtenir le report de l'audience pour cause de rendez-vous médical, mais le tribunal a estimé que cet impératif n'était "pas justifié". La défense avait elle dénoncé un "choix tactique" visant à essayer de reporter l'audience après le procès du 16 novembre, dans lequel le tribunal de Nanterre doit se prononcer sur le fond de l'affaire. La décision a été mise en délibéré au 4 novembre.