Le ton monte du côté de Prisma Media. Les journalistes du groupe de presse magazine, racheté par le groupe Vivendi en 2021, dénoncent depuis plusieurs mois maintenant la gestion de la société par l'état-major de Vincent Bolloré. En décembre dernier, la menace d'un plan de départ menaçant près d'un tiers des salariés faisait déjà craindre le pire aux effectifs encore en place, qui dénoncent en parallèle l'ingérence de la direction de l'entreprise dans leurs lignes éditoriales.
La semaine dernière, on apprenait que le magazine people de Prisma Media Voici allait se retrouver en vente couplée avec le JDNews, le magazine dérivé du JDD. Ce 20 février, les habitués de l'hebdomadaire en Bourgogne, Franche-Comté et Bretagne pouvaient en effet repartir, pour quelques dizaines de centimes de plus, avec le magazine d'opinion de la galaxie de Vincent Bolloré. Une vente couplée qui avait déjà été testée avec d'autres hebdomadaire du groupe, Télé-Loisirs et France Dimanche, et devraient se réitérer à l'avenir. " Il s’agit de booster les ventes de nos magazines, a défendu à ce sujet auprès de l'AFP le vice-président de Prisma Media Gérald-Brice Viret, qui a certifié au passage que cette vente couplée n'était l'aveu d'aucune influence dans les lignes éditoriales des titres du groupe.
Ce n'est pas le même son de cloche du côté de Voici. Les salariés du magazine, qui se sont constitués en SDJ il y a quelques mois, ont fait savoir via un communiqué de presse leur colère à l'annonce de la parution de cette vente couplée avec le JDNews. Une action pour laquelle ils n'ont pas été consultés. "Associer commercialement notre publication au JDNews, magazine à l’ancrage politique très marqué, crée une confusion manifeste quant à notre positionnement éditorial et porte atteinte à l’image d’indépendance que nous nous attachons à préserver, dénonce la SDJ, avant d'évoquer plus précisément un soucis d'ingérence éditoriale. Plusieurs choix récents de la direction ont déjà suscité de vives inquiétudes quant au respect de notre identité et de notre indépendance rédactionnelle. Interdiction a ainsi été faite d'évoquer ou d'informer les lecteurs de nos publications print et digitales, de la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs, ou encore d'évoquer les propos de Brigitte Macron qualifiant de "sales connes" des militantes féministes", apprend-on ainsi. Cette prise de position de la SDJ de Voici a reçu le soutien de celles des autres sociétés de journalistes du groupe, dont Géo, Ca m'intéresse,Télé Loisirs ou encore Femme actuelle.

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