Depuis sa nomination à la tête de certains pôles de Prisma Media, Gérald Brice-Viret a pour mission de mettre en place des synergies entre le groupe Canal+ et le leader de la presse magazine. D'après les informations rapportées par "OFF Investigation", un nouvel exemple de ce renforcement de lien va se présenter dès ce vendredi 20 février. Comme cela s'est déjà produit en kiosque avec l'hebdomadaire "Télé-Loisirs", le magazine people "Voici" pourra être acheté par ses lecteurs avec en supplément le "JDNews", hebdo de l'empire Bolloré lancé en septembre 2024. Ce couplage "expérimental", assure la direction, n’a pour l’heure qu’une visée de 10.000 exemplaires et se limite aux kiosques bretons et bourguignons, d'après le média d'enquête indépendant.
Ce n'est pas le premier couplage "test" du "JDNews" avec une marque de Prisma Media. Il y a quelques semaines, 8.000 exemplaires de "Télé-Loisirs" ont également été vendus avec l'hebdomadaire. Face à la fronde en interne, la SDJ de "Télé-Loisirs" a même été reçue par la direction du pole TV de Prisma Media. La direction a défendu un "test".
Réunissant des contributeurs de la maison CNews, le journal encadré par Laurence Ferrari et Geoffroy Lejeune est vendu 2,20 euros chaque mercredi, mais aussi distribué quatre jours plus tard avec le "JDD" pour 70 centimes de plus. En 2025, selon les chiffres de l'ACPM, il s'écoule à 148.076 exemplaires par semaine, là où "Voici", en forte baisse (-10,65%), se vend en moyenne 129.914 fois. En revanche, "Télé-Loisirs" compte plus de 400.386 partisans (-6% sur un an). De quoi booster les ventes du "JDNews".
Le vice-président de Prisma Media avait en effet pesé de tout son poids pour mettre à la Une de l'hebdomadaire TV des visages à l'affiche des programmes de Canal+. "C’est gagnant-gagnant pour le journal et pour le groupe", arguait celui qui soulignait "favoriser simplement les programmes les plus forts du paysage audiovisuel français". Ces arguments ont laissé froids les salariés du groupe de presse, lesquels constatent "un basculement" depuis la nomination de fidèles du milliardaire breton en haut de l'organigramme. "Depuis la fin de l’été, c’est comme si le rachat (par Vivendi en 2021, ndlr) venait de devenir effectif", décrivait une salariée, citée par "Le Monde". "Il y a une grosse pression pour mettre du Canal+ à tous les étages", constate de son côté, Emmanuel Vire, le délégué syndical SNJ-CGT. "Pour l’instant, ça n’est pas de l’interventionnisme idéologique comme ailleurs dans le groupe, mais ça reste un mauvais signal".
Le 8 octobre dernier, une assemblée générale s'est tenue au siège de Prisma à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) en présence de 350 salariés sur les 750 que compte l'entité, relatait à l'époque "Le Monde". Les syndicats CFDT et CGT, à l'origine du rassemblement, avaient écrit le tract suivant pour appeler à la mobilisation : "Quatre ans de tranquillité et puis… le départ de Claire Léost, l’arrivée d’Arnaud Lagardère, et c’est le début de la guerre éclair : interventionnisme débridé et cost-killing à tous les étages".
Le groupe avait indiqué fin décembre qu'il prévoyait un plan de départ pouvant atteindre jusqu'à 240 personnes, soit un tiers de ses salariés, d'ici la fin du premier trimestre 2026. Il s'agirait de la troisième vague de départs de salariés de Prisma Media depuis son changement de propriétaire, il y a 4 ans. Parallèlement à cela, la rédaction du magazine économique "Capital", inquiète de l'évolution de sa ligne éditoriale, avait mis en place un dispositif de clause de conscience. Une SDJ a aussi été montée par des journalistes des rédactions des magazines féminins de Prisma Media, pour "se désolidariser collectivement de toute orientation religieuse, politique, économique des magazines et exercer une vigilance sur les sujets à venir."

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