The Script : "Dans un sens, on plaint U2 et Coldplay"

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The Script : "Dans un sens, on plaint U2 et Coldplay"
The Script
The Script © Sony Music
Alors que leur deuxième opus "Science & Faith" cartonne en Angleterre, le groupe The Script répond aux questions d'Ozap. Mark et Glen évoquent leur succès, le décalage avec leurs proches, touchés par la crise, ou encore... la drague sur la route.

Après plusieurs années de dur labeur, y compris auprès d'autres artistes pour lesquels ils ont écrit, les trois membres du groupe The Script ont explosé en 2008 avec leur premier album, [musique:282828 "The Script"]. Porté notamment par les tubes "The Man Who Can't Be Moved" et "Breakeven", l'album s'est écoulé à près d'un million d'exemplaires rien qu'en Angleterre, et le groupe compte bien remettre ça avec "Science & Faith", son deuxième album, sorti ce mois-ci.

De passage à Paris la semaine dernière, le groupe a accordé un entretien à Ozap. Mark le guitariste et Glen le batteur nous parlent évidemment de leur nouvel opus, "Science & Faith" et du premier single [musique:398052 "For the First Time"], inspiré par la récession qui a touché les proches du groupe, mais aussi des deux dernières années qu'ils ont vécues, de leur rencontre avec Paul McCartney ou encore de leur vie sur la route. Entretien.

« Il y a toujours une note d'espoir »



Quelle a été l'atmosphère pendant l'enregistrement de ce deuxième album ?
Mark : Les gens nous ont souvent demandé où on allait trouver l'inspiration après ce premier album, mais en fait, il n'y a tout simplement pas de bouton "off" pour la douleur et l'émotion. Ce sont des choses qui te suivent toute ta vie. Cette fois, notre objectif était de définir peut-être un peu plus notre son, je dirais. On produit tout nous-mêmes, on écrit et on conceptualise tout, donc l'atmosphère était très positive, même si l'album en soi est assez sombre finalement. Mais il y a presque toujours un élément positif dans chaque titre, c'est l'espoir, l'idée qu'on va pouvoir développer les moyens de se sortir des situations délicates dans lesquelles on est.

C'est le cas, par exemple, du premier single, "For the First Time" ?
Mark : Oui, tout à fait. La chanson est assez sombre et même déprimante, on dirait qu'on parle de la crise, mais en fait, on parle de deux personnes qui vivent cette crise, et ce qu'elles doivent gérer. Et à la fin de la chanson, on réalise qu'il y a cet espoir.

« On n'est pas sûr de mériter ça »



Vous avez rencontré pas mal d'artistes connus grâce au succès de votre premier album. Lequel vous a le plus marqué ?

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Glen : Je dirais Paul McCartney. On l'a rencontré au Shea Stadium de New York, qui était le premier endroit où les Beatles se sont produits quand ils sont arrivés aux Etats-Unis, et il inaugurait le Shea Stadium, mais comme on était sa première partie, techniquement, c'est nous qui avons inauguré le stade. On était dans notre loge avant le concert, on était assez nerveux, et quelqu'un a frappé à la porte : c'était Paul McCartney ! Il est entré, nous a parlé pendant une bonne demi-heure du fait d'être dans un groupe et de faire un grand stade, et il nous a donné de très bons conseils. On a dû mal à croire qu'il était vraiment venu nous voir, et ça a beaucoup fait baisser la pression. C'est un super souvenir.

Votre album est sorti il y a quinze jours outre-Manche, et il est entré directement numéro un des ventes, devant Linkin Park, Robert Plant et Phil Collins. Qu'est-ce que ça fait ?
Glen : Oui, et Phil Collins est mon idole !
Mark : C'est génial ! Et ça craint pour eux ! (Rires) Non, sérieusement, on respecte énormément ces artistes, on les a sur notre iPod, et on est tous des fans de musique. On minimise un peu tout ça, en fait, parce qu'on n'est pas sûr de mériter ça et on ne pensait pas que ça arriverait un jour ! Quand on s'est levé ce matin-là et qu'on a appris qu'on était numéro un - et on était largement numéro un, on a vendu beaucoup d'albums - c'était super, de voir que tout le travail qu'on avait mis dans cet album a payé.

« On ne veut pas aborder la politique et la religion »



Le premier single a été inspiré par la récession, et vous expliquez dans les interviews que votre retour en Irlande a été difficile après avoir passé deux ans sur les routes, parce que tous vos amis ont subi la crise. Pourquoi ne pas avoir évoqué la crise directement, les dérives du capitalisme, tout ça... ?
Mark : On essaie de ne pas aborder deux sujets : la politique et la religion. Je pense que, peu importe où tu ailles dans le monde, si tu veux être ouvert d'esprit, si tu veux être international, c'est très difficile d'avoir une vraie conversation sérieuse sur la politique, parce que tout le monde pense différemment. "For the First Time" nous est venue parce qu'on a vu nos amis, nos familles, qu'on les a regardés dans les yeux, et alors qu'on voulait faire la fête, eux, ils étaient en difficulté. On s'est rendu compte qu'on ne pouvait pas crier sur les toits « On a fait la première partie de Paul McCartney et U2 ! » quand eux avaient perdu leur boulot, ou leur femme, ou leur voiture. C'est de ça qu'on a voulu parler. On n'écrira jamais un titre sur une situation politique, ou sur le gouvernement. Ca ne nous intéresse pas. On est intéressé par les gens, nous.

Quels artistes vous inspirent ou vous ont inspirés ?
Mark : Je dirais qu'on est la génération iTunes. On est des enfants d'Internet à plus d'un égard. Il n'y a plus de limite des genres, les gens sont juste fidèles aux bonnes chansons. Le nouvel album de Linkin Park en est un exemple parfait : il est assez reggae, pop, alors qu'ils faisaient du rock assez lourd avant. Et je pense qu'aujourd'hui, changer de style, de genre, les gens l'acceptent.

« Dans un sens, je plains U2 et Coldplay »



Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la pochette de votre album ?
Mark : Elle est importante pour nous en fait, on est assez intéressé par le langage du corps, par les petits gestes qui en disent beaucoup. Comme l'album s'appelle "Science & Faith", on a voulu étudier cette dynamique entre l'homme et la femme, ces difficultés de communication, le fait que les hommes viennent de Mars et les femmes de Venus. On ne parle pas la même langue, en réalité. Donc ces deux mains serrées, c'est à la fois l'unité, mais aussi la lutte, c'est un bras de fer - que personne ne gagne.

J'ai interviewé OneRepublic récemment...
Mark : Ce sont de très bon amis à nous !

... Et au cours de l'interview, Ryan Tedder explique que selon lui, c'est plus difficile pour un groupe de changer de son que pour un artiste solo. Vous êtes d'accord avec lui ?
Mark : Oui, mais je pense qu'il faut se concentrer sur ce qui te plaît, sur ce qui t'émeut au niveau musical. Et selon moi, une bonne chanson dépasse toutes les frontières de genre. Si une chanson punk est bonne, on ne doit pas s'arrêter au fait que c'est une chanson punk. Et je pense que beaucoup de groupes ont peur de passer outre ces frontières, et du coup ils sont coincés dans leur registre. Des gens comme U2 et Coldplay, dans un sens, je les plains. Parce que quand ils font évoluer un peu leur son, tout le monde dit "ce n'est pas vraiment U2" ou "ce n'est pas vraiment Coldplay". Mais ce sont des groupes ! Ils devraient avoir l'opportunité de faire ce qu'ils veulent ! Nous, on a beaucoup de chance, parce qu'on s'en moque de ça en fait. On écrit des chansons et c'est tout. Si on l'aime, on le met sur un album.
Glen : Et ce qui est pratique, c'est que généralement, on aime la même chose !
Mark : Exactement. Parfois c'est un peu pop, un peu R&B, mais ça sonne bien, donc on s'en moque.

« Kris Allen nous a beaucoup aidés aux Etats-Unis »



Avant de connaître le succès avec votre premier album, vous avez écrit pour d'autres artistes. Qu'est-ce que ça vous a appris ?
Mark : A être humble ! On voit beaucoup d'erreurs qui sont faites pour les autres. Quand on a du recul, c'est facile de voir les erreurs, mais quand tu es toi-même concerné c'est plus difficile. C'était bien pour nous d'être de l'autre côté, de pouvoir voir tout ça avec un peu de distance. Comme ça, quand on s'est attaqué à notre propre musique, on avait déjà de l'expérience. Et toutes ces années passées à travailler pour d'autres nous ont aussi aidé à mieux mettre sur le papier, ou mieux mettre en musique ce qu'on ressentait. C'est ça qui est le plus difficile, en fait, quand tu es un artiste.

L'une de vos chansons a été reprise par Kris Allen, le gagnant d'American Idol en 2009. Auriez-vous été moins enthousiaste s'il s'était agi d'un autre type d'artiste ? On a appris cette semaine que Shayne Ward, gagnant de The X Factor en 2005, faisait une version R&B d'un titre du groupe rock Nickelback...
Glen : C'est vrai ? Wow... ! Ca risque d'être intéressant... !
Mark : La musique est là, elle est disponible pour tous. Si on se considère comme une personne ouverte d'esprit, quelqu'un de créatif, tu ne peux pas juger la musique des autres. Tu peux ne pas aimer, bien sûr, mais au bout du compte, il faut se dire la musique est disponible pour tout le monde, elle est dans le domaine public, les gens peuvent la reprendre. Certains vont en faire des reprises de merde, d'autres en feront de bonnes reprises. Cette chanson en particulier, "Live Like We're Dying", on ne voulait pas la chanter en fait.
Glen : On a essayé, mais ça ne sonnait pas bien.
Mark : On ne l'a pas aimée, on ne l'a pas mise sur l'album d'ailleurs pour cette raison. Et pour une raison inconnue, la maison de disques allemande l'a mise en face B d'un single, sans qu'on le sache. Et Kris Allen l'a reprise. Et il en a fait une bonne version.
Glen : Et ça nous a beaucoup aidé aux Etats-Unis. Quand les gens l'ont entendue, ils ont appris que c'était ce groupe irlandais The Script qui l'avait écrite.
Mark : Pour un nouveau groupe, c'était une bonne carte de visite, du coup.

« La meilleure partie de notre boulot, c'est de monter sur scène »



Vous avez passé presque deux ans sur les routes. C'était une expérience incroyable ?
Glen : On vit pour ça !
Mark : La meilleure partie de notre boulot, c'est de monter sur scène et de chanter nos chansons pour des gens qui les aiment.
Glen : Les concerts étaient géniaux, les endroits qu'on a pu visiter, tout ça, c'était extraordinaire.

Comment ça se passe entre vous sur la route ? Vous voyagez en bus ? Vous êtes mariés d'ailleurs ?
Mark : Oui, marié.
Glen : Moi célibataire.

Ca doit être une expérience très différente pour vous deux...
Mark : C'est clair ! Je suis très jaloux de toutes les filles qui vont le voir, et je dois lui envoyer toutes les filles qui viennent me voir moi.
Glen : Et c'est très difficile pour moi évidemment. (Rires)
Mark : C'est très différent où que tu ailles. Dans certains pays, personne ne sait qui tu es, donc il faut être prêt à faire les choses en plus petit. A certains endroits, on a quatre camions remplis de matériels et deux bus, et à d'autres, c'est beaucoup plus petit.
Glen : On doit être comme l'eau, parce qu'on ne sait jamais où on va arriver. Ca a pris deux bons mois d'ailleurs la première année, quand on a vraiment commencé à tourner.
Mark : C'est drôle, c'est que dans un bus, tu vis un peu dans une boîte. C'est presque un cercueil ! (Rires) C'est très glamour !

« Le bon sens n'est pas forcément très répandu »



Dans le livret de l'album, vous remerciez vos fans d'écouter ce CD en tant que bande originale de leur vie. C'est comme ça que vous considérez la musique en général ?
Mark : Pour moi, la musique, c'est comme le papier peint ou la peinture. C'est partout. C'est dans n'importe quelle pièce, ça nous suit partout. Et ce qui m'impressionne le plus, ce n'est pas de vendre des disques, ou de gagner des récompenses, mais qu'une personne, quelque part, assis dans sa maison, choisisse d'écouter notre musique quand ils sont dans tel ou tel état d'esprit. Je trouve ça absolument incroyable. Parce que je suis un fan de musique, et je fais avec du David Bowie, du Coldplay, du David Bowie, et je choisis la musique des autres pour en faire la bande originale de ma vie à moi. Le fait que les gens choisissent notre musique, je n'arrive pas encore tout à fait à me rendre compte de ce que ça veut dire.

Vous avez déjà fait du média training ? Une polémique a éclaté la semaine dernière en France, après qu'un groupe de hip hop a tenu des propos assez terribles...
Mark : On dit sans cesse des choses terribles !
Glen : Parfois on dit des conneries. Mais il faut savoir dire des conneries parfois pour ne plus refaire la même bêtise par la suite.
Mark : Il faut que tout le monde sache que tu es humain, et que tu peux parfois faire des erreurs. On est très francs dans nos interviews, et parfois, si tu nous vois en interview alors qu'on a la gueule de bois - c'est le cas d'ailleurs aujourd'hui...
Glen : Désolé !
Mark : On a eu un gros concert hier et on a pas mal bu oui. Et le lendemain, tu peux aller en interview et dire n'importe quoi parce que tu n'as pas assez dormi, mais on ne peut pas contrôler ça, et je ne pense pas qu'on doive le contrôler.
Glen : Et puis c'est du bon sens aussi, de savoir ce qu'on peut dire ou non.

Mais il y a des gens qui ont moins de bon sens que d'autres...
Mark : C'est clair ! Le bon sens n'est pas forcément très répandu... Et puis nous, quand on fait des blagues, on a plutôt tendance à inclure les gens plutôt qu'à se moquer d'eux. Donc on n'insulte pas les gens.

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