Ils ne sont plus les bienvenus sur CNews. Samedi, Philippe Bilger, ex-juge d’instruction et avocat général de cour d’assises, annonçait que la chaîne du groupe Bolloré avait mis fin à sa collaboration sur ses antennes. Le même jour, Céline Pina, qui intervenait également comme chroniqueuse dans plusieurs émissions, en a fait de même. L'une de ses abonnées sur X lui a demandé la date de son retour en plateau après avoir constaté son éclipse temporaire. "Je crois qu'il n'y en aura pas", lui a répondu l'intéressée. "Mais personne à la direction de CNews ne me dit pourquoi. J’ai été mise sur la touche", a ajouté l'essayiste, encore circonspecte sur les raisons de sa mise à l'écart. L'enseignant réactionnaire Kevin Bossuet ferait également partie du contingent d'experts évincés subitement.
Initialement militante pour le Parti Socialiste, Céline Pina a évolué progressivement vers des médias plus identifiés à droite et à l'extrême droite. La journaliste d'opinion a participé en 2020 à la création de la revue "Front populaire", à l'initiative de Michel Onfray, puis intégra deux ans plus tard la rédaction du magazine "Causeur", créé par la journaliste Élisabeth Lévy. Sur CNews, ses interventions ont parfois été sujettes à polémique. En octobre 2023, dans le contexte de la guerre de Gaza et de l'attaque du Hamas, la quinquagénaire avait affirmé une différence entre enfants israéliens tués par le Hamas et enfants palestiniens tués par l'armée israélienne.
De manière générale, ses prises de position bordeline sur le sujet auraient eu raison de sa participation aux débats, comme le supputait Phillippe Bilger dans son tacle envers la chaîne, pourfendeuse obstinée de l'état d'Israël. "Il y a deux mamelles fondamentales sur CNews : Sarkozy est innocent de tout, comme Israël", avait souligné sur X l'ancien magistrat, qui dit avoir perdu l'un de ses plateaux hebdomadaires en raison de son insolence sur ces sujets.
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Dans les pages du "Monde", ce dernier a livré son ressenti sur ce départ non consenti mais finalement libérateur. "Je suis profondément soulagé de ne plus appartenir à cette chaîne d’opinions, pour laquelle j’étais fier de représenter le “S” à la fin d’“opinions”, et que je n’aurais pas su quitter moi-même", reconnaît l’ancien chroniqueur. "Il y a dans cette chaîne, au-delà de l’absence totale de vrais sourires, une inquisition sourcilleuse telle que je n’en ai jamais connu, une philosophie totalitariste, une pensée unique sur certains sujets, une atmosphère d’étouffement qui me mettaient mal à l’aise".

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