Son nom est apparu plus de 600 fois dans les nombreux documents déclassifiés de l’affaire Jeffrey Epstein, publiés par le ministère de la justice américaine fin janvier. Invité ce mercredi sur BFMTV et RTL pour réagir à la polémique, Jack Lang s'est expliqué sur ses liens avec le criminel sexuel américain et exclut de démissionner de l’Institut du monde arabe, qu’il dirige depuis 2013. "Je ne crains rien, je me sens blanc comme neige", s'est défendu l'ancien ministre de la Culture sur la station privée. "Je ne me sens pas du tout dans la tourmente", a-t-il ajouté, alors que la veille, il avait déjà assumé ses liens passés avec le prédateur mort en détention en 2019.
Face à Marc-Olivier Fogiel, le socialiste a d’abord évoqué sa rencontre avec Jeffrey Epstein en 2010, favorisé par un réalisateur bien connu. "C'était pour moi un inconnu que j'ai découvert grâce à Woody Allen. Progressivement c'est devenu un ami", affirme-t-il, tout en relativisant le mot "amitié". Questionné ensuite sur la condamnation du milliardaire pour sollicitation de prostitution impliquant des mineures deux ans avant leur rencontre, Jack Lang assure qu'il "ne savait pas", en précisant qu'il n'avait pas "l'œil tourné vers les jurisprudences américaines." Et d'insister : "Je ne l'ai pas connu comme prédateur sexuel". Pour lui, cet homme d'affaires était avant tout "un homme cultivé, passionné d'art, passionné de culture" dont il ne demande ni "le casier judiciaire", ni "l'histoire personnelle" avant le début de leurs discussions.
Si Jack Lang affirme être "tombé des nues" en découvrant les crimes sexuels du financier condamné à dix-huit mois de prison, les échanges de courriels tirés des "Epstein files" détaillent des conversations dont certaines suscitent des questions. Par exemple, lorsque le milliardaire lui adresse un mail intitulé "Petit Prince", dans lequel il demande : "L'enfant doit-il être initié à la religion, aux nouvelles sexualités, être testé, à quelle fréquence, test standardisé, exemple de projet ?". Face à ce message, l'ancien ministre de Frédéric Mitterand plaide la naïveté. "Je ne sais pas, je ne peux pas vous répondre, je ne peux pas vous raconter des histoires, je ne sais pas", martèle-t-il, serein au cas où la justice serait saisie pour enquêter sur cette correspondance. "Je ne crains rien", conclut-il.
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Quant à sa démission de l'Institut du monde arabe (IMA) après ces nouvelles révélations, l'octogénaire la balaie d'un revers de la main et la qualifie de "plaisanterie". "L'IMA est plus solide que jamais. L'IMA, aujourd'hui, est reconnue en France, dans le monde. J'ai reçu d'ailleurs, depuis toutes ces histoires, des milliers de messages venant des pays arabes, de France et d'ailleurs, croyez-moi, la confiance dans le président de l'IMA est totale", a-t-il indiqué sur RTL. Sa fille, Caroline, elle aussi mise en cause dans ce dossier, a quitté ses fonctions au sein du festival lillois Series Mania et du Syndicat des producteurs indépendants.
Accusé d’avoir monté un vaste réseau d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures, Jeffrey Epstein s’est suicidé en prison en août 2019 selon les autorités, avant son jugement. De nouvelles personnalités sont éclaboussées par les derniers documents liés à cette affaire : la princesse Mette-Marit, future reine de Norvège, le président du comité d’organisation des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, Casey Wasserman, ou encore un conseiller du Premier ministre slovaque Robert Fico, Miroslav Lajcák.

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