Agnès Vahramian, directrice de franceinfo
"Si la volonté de faire évoluer la grille est entendable, la manière de procéder est inacceptable". Dans un communiqué envoyé le 27 mai à la rédaction de Franceinfo et relayé par nos confrères du "Monde", le syndicat SNJ-CGT alerte sur la "grande brutalité" qui accompagnerait la "fin de saison" au sein de la radio d'information publique. En cause, des bouleversements de la grille annoncés sans ménagement aux équipes. Le tract évoque "des décisions radicales" communiquées "de manière violente", rapporte "Le Parisien".
Parmi ces changements, notons l'arrivée de Paul Larrouturou (ex-"Quotidien et TF1) pour l'interview politique de la matinale, qu'il mènera avec Agathe Lambret, journaliste de la station qui était à la tête de "France Info soir" à 18h30 et des "Informés du soir" à 20h. La matinale commencera dorénavant à 6h au lieu de 7h, toujours animée par Jérôme Chapuis mais sans Salhia Braklia. "Nous avons évoqué plusieurs pistes avec elle mais nous n’avons pas trouvé de terrain d’entente", a expliqué Agnès Vahramian dans "Le Parisien". "Donc à un moment donné, j’ai dû prendre une décision", a-t-elle ajouté, 24h après que la journaliste a annoncé son départ.
Mais ce qui est pointé du doigt par le syndicat, c'est l'arrêt brutal d'une dizaine de chroniques dont "Questions de société" avec Jean Viard, "Questions d’éducation" avec Amelia Matar ou encore "Les experts livres" le week-end. "Nous avons décidé d’en arrêter certaines car elles étaient très datées. Or, il faut vivre avec notre époque", a expliqué Agnès Vahramian. Si le fond n'est pas vraiment discuté, c'est la forme "qui a le plus choqué", souligne le communiqué du SNJ-CGT. Plusieurs auteurs de chroniques supprimées "n'auraient pas été reçus, ou alors seulement 'entre deux portes', pour 'se voir signifier brutalement la fin de leur collaboration'", écrivent nos confrères du "Monde". La dirigeante balaie ces accusations : "Certains peuvent aussi avoir un tel ressenti lorsqu’on leur annonce arrêter une chronique vieille de 15 ans. Mais c’est un choix éditorial, pas de personne. De plus, j’ai fait jusqu’à trois propositions de nouvelle affectation à chacun. Cela n’a bloqué que sur quelques rares cas".
"Je suis assez sereine vis-à-vis de la rédaction. Qu’il y ait du changement, cela peut brusquer et déranger dans notre maison", reconnaît-elle auprès du "Parisien", tout en assurant avoir "d'excellentes relations avec les équipes". "Je ne suis pas celle qu'on décrit" dans l'article du "Monde", déplore-t-elle, indiquant que son "bureau est toujours ouvert" aux salariés.
Ces critiques interviennent quelques mois seulement après son arrivée à la tête de franceinfo. Une promotion qui avait fait grincer des dents aussi bien dans les étages de la Maison de la radio qu'à France Télévisions qu'elle quittait après 32 ans de carrière. "Ce n'est pas normal de nommer quelqu'un qui fait souffrir les gens, on a l'impression que rien n'a de conséquences...", s'indignait un ancien collaborateur auprès de "L'informé". "Je n'ai jamais connu un tel climat de terreur. Elle broie les gens", se remémorait une autre. Plusieurs exemples de propos humiliants et rabaissants étaient mentionnés dans l'enquête de nos confrères. Agnès Vahramian avait d'ailleurs réagi en évoquant son "immense surprise". "Je n'ai jamais entendu ça en 35 ans de carrière. Bien sûr, je suis quelqu'un d'exigeante et de déterminée, qui a dû diriger parfois dans des conditions compliquées. Je ne dis pas que je n'ai pas eu des différends, des disputes, des accrochages, mais je suis juste, à l'écoute des gens et capable d'entendre quand on me dit que quelque chose ne va pas", avait-elle affirmé.
Elle avait à ce moment-là reçu le soutien de Françoise Joly et Guilaine Chenu, anciens visages d'"Envoyé spécial", émission pour laquelle Agnès Vahramian a travaillé de 2007 à 2014. "On est tombées de l'étagère à la lecture de ce papier", avaient-elles confié à Puremédias. "Ce n'est pas du tout la personne que l'on a côtoyée", martelaient-elle, évoquant une manager "professionnelle" qui arrivait à "faire grandir et progresser de jeunes journalistes". "Nous n'avons pas vu quelqu'un qui broyait ou détruisait", concluait Françoise Joly.

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