"Quand je suis venue à Paris, j'ai eu un choc parce que j'ai vu des revendications qui n'existaient pas en province. Je me souviens, j'étais à Châtelet, et vous avez vu ma tête. J’ai vu le RER arriver. J’ai vu tous ces noirs, ces musulmans et ces Arabes qui sortaient et qui avaient des têtes que je n'avais pas l'habitude de voir. Parce que j'étais la seule à avoir cette tête-là dans mon école à Nancy. Je n'ai pas pu m’empêcher d’avoir un peu peur. Parce que je n'avais pas l'habitude". Ces propos, signés Karine Le Marchand, ont été tenus mardi 9 février dans "L'heure des pros", l'émission de Pascal Praud sur CNews. Et ils ont choqué certains internautes, accusant celle venue promouvoir le documentaire "Les nouveaux français : 100 ans d'immigration" de racisme.
"Alertes Racisme", une "association en veille par et pour les minorités" a immédiatement réagi sur X : "Les propos tenus par Karine Le Marchand sur CNews sont inadmissibles. Ils appellent à des explications ou à une sanction" invite le collectif, soutenu dans sa démarche par ses abonnés. Deux députées, l'élue LFI Ersilia Soudais, et l'écologiste Léa Balage El Mariky, ont annoncé saisir l'Arcom pour cette séquence abondamment relayée sur les réseaux sociaux.
De quoi faire réagir l'animatrice ce mercredi matin. Dans ses stories Instagram, Karine Le Marchand a d'abord tenu à remercier les "1,4 million de téléspectateurs qui ont regardé le documentaire sur l'immigration. C'était un long travail et je sais qu'il y aura beaucoup de replays. Face aux JO, on ne s'attendait pas à un miracle et il n'y en a pas eu", a plaisanté le visage de M6. Elle est ensuite longuement revenue sur cette "pseudo-polémique sur les réseaux sociaux".
Au volant de sa voiture, la confidente des agriculteurs de "L'amour est dans le pré" a enchaîné : "J'ai vu qu'une députée LFI avait saisi l'Arcom pour des propos, sortis de leur contexte, que j'ai tenus sur CNews. J'ai fait 30 min d'interview et ils prennent 15 secondes sorties de leur contexte où je parle de mon arrivée à Paris dans les années 80. Je parle de mon ressenti, je suis à moitié noire, à moitié blanche, et je suis fière de ce que je suis. Évidemment, l'algorithme sur TikTok et X, que je n'ai pas, s'emballe (...). Et il y a toujours des gens qui n'ont rien vu et qui se permettent de m'envoyer des messages d'insulte que je ne reçois pas", explique l'animatrice, qui ajoute qu'elle s'était déjà expliquée sur ses propos polémiques la veille sur France Inter dans "Zoom Zoom Zen". "Mais France Inter, vous n'avez pas relayé", lance-t-elle à ses détracteurs.
Avant de continuer : "Quand je suis sortie 8 ans avec un footballeur noir (Lilian Thuram, ndlr) et un rappeur (JoeyStarr, ndlr) j’avais été accusée de racisme anti-blanc, maintenant anti-noir. Quand j'ai fait un documentaire sur la transidentité, une association voulait mettre le feu à M6 m’accusant de transphobie, quand j’ai fait un documentaire sur l’obésité on m’a accusée d’être grossophobe et ils avaient même saisi l'Arcom et ont été déboutés". Elle a ensuite remercié avec ironie "tous les petits polémistes sous pseudo" qui 'l'"insultent". "Je ne vois pas vos messages et je m'en fous complètement. Vous m'avez fait gagner 500 euros, car j'avais parié avec mon équipe que j'aurai une polémique en allant sur CNews", a-t-elle révélé avant de remettre cette somme en jeu : "Je parie que l'Arcom va débouter la députée LFI. Si je suis condamnée par l'Arcom pour des propos qui durent 15 secondes sur les 5h de promo que j'ai faites, je vous donne avec plaisir ces 500 euros pour l'association anti-raciste de votre choix", a lancé Karine Le Marchand, qui a conclu ainsi : "Votre haine ne me touche pas, je ne suis pas toute jeune, j'en ai rien à foutre. Je ne vais pas prouver avec ma tronche que je ne suis pas raciste".
Côté audiences, le film documentaire réalisé par Mathilde Gautry qui retraçait les 100 dernières années de l'histoire de l'immigration en France avec des témoignages d'anonymes et de célébrités à l'image de Gérard Hernandez, Booder ou encore Tomer Sisley, a d'abord intéressé ce lundi soir 1,40 million de téléspectateurs entre 21h14 et 22h. Cela équivaut à 7,5% du public âgé de 4 ans et plus et 7,3% des FRDA-50. La 2e partie du doc, diffusée de 22h07 à 23h11, a conservé l'attention de 1,07 million de téléspectateurs, soit 7,6% du public et 9,1% des FRDA-50. M6 était 4e de la soirée.

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