Karine Le Marchand assure actuellement une promotion intense de son film événement "Les nouveaux Français", consacré aux 100 ans d'immigration en France. "Aujourd’hui, une personne sur cinq vivant en France, soit treize millions de personnes, est immigrée ou a au moins un parent immigré, et nous sommes 20 millions si l’on remonte aux grands-parents", lance l'animatrice de M6 en préambule de ce documentaire qu'elle produit également. "Et je dis 'nous', car évidemment, je ne serais pas là si la France n’avait pas accueilli mon père, burundais, lorsqu’il faisait ses études", glisse également cette Lorraine de naissance. Ce sujet, ô combien clivant, figurait forcément dans les petits papiers de CNews et de Pascal Praud qui a accueilli, ce lundi matin, dans son émission matinale la "vedette de télévision identifiée" pour recueillir son opinion sur les origines de ces nouveaux Français et les raisons de leur venue dans l’Hexagone.
Pas forcément d'accord avec son interlocuteur du jour sur le questionnement autour de l'identité, l'entremetteuse préférée des Français en est venue à évoquer son histoire personnelle, celle d'une jeune fille ayant grandi à Nancy dans "une curiosité très saine" entre communautés et qui a débarqué dans la capitale à 18 ans. "Quand je suis venue à Paris, j'ai eu un choc parce que j'ai vu des revendications qui n'existaient pas en province", a indiqué celle qui a terminé sa scolarité dans un lycée francilien.
Pour appuyer ce grand écart, KLM s'est risquée à un parallèle hasardeux. "Je me souviens, j'étais à Châtelet, et vous avez vu ma tête. J’ai vu le RER arriver. J’ai vu tous ces noirs, ces musulmans et ces Arabes qui sortaient et qui avaient des têtes que je n'avais pas l'habitude de voir. Parce que j'étais la seule à avoir cette tête-là dans mon école à Nancy", a-t-elle décrit, tout sourire. "Je n'ai pas pu m’empêcher d’avoir un peu peur. Parce que je n'avais pas l'habitude", a ajouté l'animatrice face à un Pascal Praud pour une fois stoïque.
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La séquence, abondamment relayée sur les réseaux sociaux, a suscité l'indignation des internautes. Elle a même fait la mise en garde d'"Alertes Racisme", une "association en veille par et pour les minorités". "Les propos tenus par Karine Le Marchand sur CNews sont inadmissibles. Ils appellent à des explications ou à une sanction" invite le collectif, soutenu dans sa démarche par ses abonnés.
Le 5 février, dans un entretien accordé à Marc-Olivier Fogiel sur RTL, cette fille d'un migrant et d'une Française avait témoigné de cette rencontre des deux mondes. "Moi, quand je suis née, il n’y avait pas de communautarisme. Les gens cohabitaient ensemble et se nourrissaient de la différence de l’autre, mais ne se revendiquaient pas. Je trouve ça assez déstabilisant de voir que des personnes se revendiquent uniquement par rapport à leur origine ou leur couleur de peau. Moi, je suis femme, je suis une femme de plus de 50 ans, je suis aussi une mère, je ne suis pas qu’à moitié noire ! (...) Il ne faut pas demander aux gens de choisir, je suis les deux", avait souligné l'incarnante d'un documentaire qui va faire parler.

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