Laurence Ferrari
Sonia Mabrouk aura donc donné le la à ses camarades de CNews. Première à s'exprimer sur le cas de Jean-Marc Morandini, condamné à la prison pour corruption de mineurs, l'intervieweuse politique a été suivie par Pascal Praud et maintenant Laurence Ferrari dans cette dynamique de prendre leurs distances avec leur collègue. Dans un entretien accordé au "Parisien", l'animatrice star de la chaîne d'information a souhaité faire entendre sa voix au sujet de cette décision et réaffirmer sa loyauté envers son employeur. "En tant que femme et mère de famille, je me sens interpellée au-delà du plan professionnel par la situation que nous vivons à CNews", a-t-elle indiqué. La présentatrice du "Grand Rendez-vous" a rappelé que ses convictions personnelles motivaient cette prise de parole: "Étant personnellement engagée depuis longtemps dans la défense des plus vulnérables et dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, il me paraissait important d’apporter ma voix aujourd’hui pour leur dire que je suis à leurs côtés".
Pour autant, Laurence Ferrari exclut toute rupture avec la chaîne appartenant à la galaxie Bolloré. Elle affirme ne ressentir "aucun malaise" et insiste sur sa "loyauté professionnelle totale". "Je suis très engagée dans mon groupe et très fière d’y être. Je suis aussi très heureuse des valeurs portées par la liberté d’expression qu’on y défend tous ensemble avec les 200 collaborateurs de la rédaction", souligne celle qui a rejoint le giron Canal+ en 2012. À la question d’une mise à l'écart de Jean-Marc Morandini, dont elle condamne les actes, sa réponse est claire : "Je ne suis pas du tout dans cette démarche. Je suis dans une démarche très claire, très simple, qui est de dire : Voilà, notre voix compte et c’est important de la faire entendre".
L'ex-présentatrice du "20 Heures" de TF1 reconnait que son intervention s'inscrit aussi dans une volonté de calmer les débats, alors que s’ouvre une période électorale durant laquelle les journalistes de CNews pourraient être régulièrement interpellés sur cette affaire. Elle rappelle aussi un élément central de cette affaire : la condamnation de Jean-Marc Morandini, rendue définitive le 15 janvier par la Cour de cassation, ne s’accompagne pas d’une interdiction d’exercer. L’animateur a, par ailleurs, indiqué envisager un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Interpellée en direct par l'invité de son rendez-vous quotidien, Sonia Mabrouk avait été contrainte de réagir en direct sur la décision de ses dirigeants. Dans une sortie "pas préparée", la mère de famille et "femme libre" avait exprimé ses contrariétés tout en renvoyant ce arbitrage au seul ressort de sa hiérarchie. "C'est une décision qui ne m'appartient pas (...) J’ai beaucoup de respect pour ma direction, mais en aucun cas, cela ne vaut de cautionner cela. En aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d’une gravité réelle", avait-t-elle précisé.
Samedi, elle avait été soutenue par la tête d'affiche de la chaîne, Pascal Praud : "Elle a trouvé les mots justes. J'aurais pu prononcer quasiment les mêmes paroles", a-t-il écrit sur X. Ces deux prises de position publique s'ajoutent ainsi au malaise ressenti par beaucoup en interne. Plusieurs salariés de la chaîne d'information avaient également raconté, anonymement, leur colère dans les colonnes du "Parisien", et espèrent, encore aujourd'hui, une mobilisation massive pour faire bouger les lignes.


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