"On a été trop gentils avec l’extrême droite. Mettre un facho au micro, c’est légitimer ses idées". Dans une chronique diffusée dans "Zoom Zoom Zen" le 7 janvier dernier, Merwane Benlazar s’est livré à un long pamphlet contre les médias qui invitent sur les plateaux ou à leurs micros des partis et personnes d'extrême droite. "Souvent, quand on donne la parole aux racistes, c’est sous couvert qu’'on reçoit tout le monde ici'. (...) À quel moment c’est devenu un bon argument, une bonne chose, de 'recevoir tout le monde ?'", s’est-il interrogé, sous les rires de Matthieu Noël et des autres chroniqueurs de France Inter. "T’es un média, t’as une responsabilité, j’attends de toi que tu fasses le tri avant de recevoir les gens !", a conclu l'humoriste dans cette séquence (à retrouver dans la vidéo ci-dessus) jusqu'ici passée sous silence.
Or, ce lundi, Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d'enquête sur la neutralité et le finalement de l'audiovisuel public, a pris connaissance des propos tenus sur les ondes. Il a réagi à cette publication en rappelant France Inter et son chroniqueur à ses devoirs. "Monsieur Merwane Benlazar, votre appel à la censure politique et au cordon sanitaire médiatique, sous couvert d’humour, dans l’émission 'Zoom Zoom Zen' est grave et inacceptable", a-t-il écrit sur X. Tout en rappelant que "la loi oblige l’ensemble des médias audiovisuels a fortiori publics de respecter le pluralisme politique qui est un pilier de notre démocratie", le députe d'Horizons a annoncé que ce dossier n'en resterait pas là. "Je proposerai au rapporteur et au bureau de la commission d’enquête de convoquer Matthieu Noël, le producteur de l’émission, le rédacteur en chef, ainsi que le directeur du numérique et la personne chargée des réseaux sociaux de France Inter", a-t-il fait savoir. L'équipe du programme des après-midis de la station n'a pas encore réagi à cette convocation, alors que sont attendues lors des prochaines auditions à l'Assemblée nationale d'autres personnalités du service public, comme Léa Salamé ou Laurent Delahousse.
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Merwane Benlazar s'était déjà invité au Sénat lorsque Rachida Dati avait annoncé son retrait de la table de "C à vous" sur France 5. Chargé de remplacer Bertrand Chameroy, le jeune homme de 29 ans s’était fait épingler à l’occasion de sa première chronique du talk-show après la découverte d’anciennes publications sur les réseaux sociaux. "La place d’une femme est à la demeure auprès de son père. Crains ton seigneur", écrivait-il en 2021. Il avait également qualifié les téléspectateurs de Miss France de "porcs". La ministre de la Culture avait peu après annoncé son éviction. "Est-ce que des propos ont été tenus par ce chroniqueur qui sont scandaleux ? Oui. Donc suite à ces propos, France Télévisions en a tiré les conséquences : il ne sera plus à l’écran", avait-elle déclaré.
Dans une vidéo au cours de laquelle il revenait sur l'emballement qui avait suivi son billet humoristique, le comique s'était moqué de cette polémique : "On lisait mes tweets au Sénat et j'ai été viré de mon poste de chroniqueur à la télévision par Rachida Dati. C'est beaucoup d'informations, c'est beaucoup d'informations ! Je savais que j'allais être viré un jour. Par une arabe, c'est chiant. Mais je savais que j'allais être viré un jour". La ministre en question avait ensuite démenti toute implication personnelle dans ce congédiement. Il avait néanmoins poursuivi ses chroniques sur France Inter dans l’émission de Matthieu Noël, où il officie toutes les deux semaines.

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